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« L'expression la plus simple du nationalisme est la défense de la Terre et du Sang.
Quel homme digne de ce nom ne défendrait pas sa famille ni son habitat ?
Alors le nationalisme étend cette vision de la famille à son peuple et celui de son habitat à sa nation ! »
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dimanche 6 juillet 2014
samedi 27 juillet 2013
Ukraine - Holodomor 7.000.000 de "gentils" exterminés par des juifs
Lesquels juifs viennent donner des leçons de morale chaque jour aux Européens.
Nous reproduisons un article du journaliste politique Sever Plocker, qui fit couler beaucoup d’encre lors de sa récente publication, car Plocker, qui travaille pour le journal hébreu Yediot Ahronot, déchaîna à la suite de ce texte un torrent de commentaires injurieux à son encontre, déclenchant, bien que juif lui-même, un tombereau d’insultes diverses et variées.On le félicitera cependant d’avoir courageusement brisé le silence…
« Les Juifs de Staline »
Quelques uns des pires meurtriers
des temps modernes étaient Juifs
Par Sever Plocker.
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| Léon Bronstein dit « Trotsky » |
Un événement historique est particulièrement passé sous silence, et pourtant nous ne devons pas oublier qu’il y a environ 90 ans, entre le 19 et le 20 décembre 1917, au cœur de la révolution bolchevique et de la guerre civile, Lénine signa un décret créant la Commission Panrusse pour la Répression de la Contre-révolution et du Sabotage, plus connue sous le nom de Tchéka.
En peu de temps, la Tchéka devint l’organisation de sécurité d’Etat la plus importante et la plus répressive. Son organisation et sa structure évoluèrent régulièrement, tout comme son nom : de Tchékaà GPU, puis à NKVD, et plus tard à KGB. Il est impossible de connaître avec certitude le nombre de morts dont la Tchéka fut responsable d’une manière ou d’une autre, mais il s’évalue probablement autour de 20 millions, incluant les victimes de la collectivisation forcée, des famines, des purges, des expulsions, des déportations, des exécutions et des tueries de masses dans les goulags.
Des pans entiers de la population furent éliminés: fermiers indépendants, minorités ethniques, membres de la bourgeoisie, officiers supérieurs, intellectuels, artistes, militants syndicalistes, « membres de l’opposition » à la définition très aléatoire, et un nombre incalculable de membres du parti communiste lui-même. Dans son dernier livre, qui recueille beaucoup de suffrages, The War of the World, l’historien Niall Ferguson écrit qu’aucune autre révolution dans l’histoire de l’humanité n’a dévoré ses enfants avec le même appétit insatiable que la révolution soviétique. De même, le Dr. Igal Halfin, de l’université de Tel Aviv, indique dans son livre sur les purges staliniennes que la violence y fut unique en ce qu’elle fut dirigée vers l’intérieur.
Mais Lénine, Staline, et leurs successeurs n’auraient pas pu mener à bien leurs objectifs sans une large coopération de la part d’”officiers de la terreur” disciplinés : enquêteurs cruels, mouchards, bourreaux, gardiens, juges, pervers, et de beaucoup d’idéalistes membres de l’aile gauche progressiste, abusés par le régime soviétique de terreur au point de lui décerner un certificat casher.
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| Genrikh Yagoda le fondateur juif du NKVD |
Beaucoup de juifs ont vendu leur âme au diable de la révolution communiste et ont du sang sur les mains pour l’éternité. Nous n’en mentionnerons qu’un de plus : Leonid Reichman, dirigeant du département spécial du NKVD et interrogateur en chef de l’organisation, qui était un sadique particulièrement cruel. En 1934, selon des statistiques publiées, 38,5% des officiels détenant les postes les plus élevés dansl’appareil de sécurité soviétique étaient d’origine juive. Eux aussi, naturellement, furent graduellement éliminés dans les purges successives. Lors d’un cours fascinant à une convention de l’université de Tel Aviv cette semaine, le Dr Halfin décrivait les étapes de la terreur soviétique comme uncarnaval de meurtres de masse, un feu d’artifice de purges et l’adoration du mal. Il apparaît que les juifs aussi, quand ils sont fascinés par une idéologie messianique, peuvent devenir de grands meurtriers, parmi les plus grands de notre histoire moderne.
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| Lazar Kaganovitch, l’exterminateur juif de l’Ukraine |
« Je pense qu’il est inacceptable qu’une personne puisse être considérée comme un membre de la communauté juive quand elle réalise de grandes choses, mais en être exclue quand elle commet des actes particulièrement méprisables.»
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| Abram Aronovich Slutsky, un des dirigeants juifs du GPU |
dimanche 9 juin 2013
Joseph Goebbels - Combat pour Berlin
Je place ici cet ouvrage, suite à la demande d'un lecteur.
KM : Lire "Combat pour Berlin" de J.G pour comprendre la légendaire lâcheté et malhonnêteté des Jewnarlistes. Franck, pourriez vous d'ailleurs rappeler aux jeunes la lecture de ce livre qui retrace la souffrance des militants nationalistes et les persécutions qu'ils subissent, car il est important de forger et renforcer le moral des troupes.
Notes liminaires des éditeurs numériques
Après la Technique du coup d’Etat de Malaparte, il nous a semblé intéressant de diffuser un témoignage plus réalisteconcernant la « bataille de Berlin ». Ce livre a été publié en Allemagne deux ans avant la prise du pouvoir par les nationaux- socialistes. Il révèle de l’ardeur de la lutte, les doutes contre lesquels il faut lutter.
Il montre aussi que les périodes se suivent et se ressemblent : il faut peu d’imagination au lecteur pour parvenir à desanalogies frappantes entre un certain parti français créé dans les années soixante-dix, aux portes du pouvoir, et celle du N.S.D.A.P. des années vingt. Ceux qui n’ont pas de racines, sans honneur, sans autres valeurs que celles de la haine et de l’argent,ceux-là persistent à vouloir nous détruire. Les mêmes méthodes sont employées, avec plus de violence aujourd’hui peut-être.
Le combat pour Berlin mérite être médité.
jeudi 21 mars 2013
dimanche 3 mars 2013
lundi 4 février 2013
vendredi 1 février 2013
Sans Concession N° 80 - Spécial 80e anniversaire de l'élection d'Adolf Hitler
Au sommaire :
- Editorial : "Une offensive prometteuse"
- Les raisons d'une croisade d'extermination par Vincent Reynouard (Document PDF, lire ici)
- Je connais ces dictateurs : le témoignage véridique d'un journaliste britannique sur Hitler (paru en 1938)
- Une économie sans crise par Wilhelm Utermann (paru en 1941). L'auteur explique l'origine profonde du "miracle économique" allemand survenu sous Hitler. On comprend pourquoi aujourd'hui encore l'ombre de Hitler effraye nos démocrates autoproclamés
- Editorial : "Une offensive prometteuse"
- Les raisons d'une croisade d'extermination par Vincent Reynouard (Document PDF, lire ici)
- Je connais ces dictateurs : le témoignage véridique d'un journaliste britannique sur Hitler (paru en 1938)
- Une économie sans crise par Wilhelm Utermann (paru en 1941). L'auteur explique l'origine profonde du "miracle économique" allemand survenu sous Hitler. On comprend pourquoi aujourd'hui encore l'ombre de Hitler effraye nos démocrates autoproclamés
mercredi 23 janvier 2013
François Asselineau - Qui gouverne la France et l'Europe ?
PS : François Asselineau présente, lors de cette conférence, toute la manipulation des peuples et de l'opinion qui se cache derrière la construction de l'Union Européenne. Sa démonstration d'un point de vu temporelle est implacable. Je suis par contre opposé à certains de ses points de vues d'ordre politique. Quoi qu'il en soit, vous vous devez de voir cette conférence!
mardi 22 janvier 2013
Georges Feltin Tracol - Maréchal toujours là !
Depuis trois décennies au moins, la repentance et l’obsession mémorielle univoque polluent les recherches historiques. Si le phénomène contamine la guerre d’Algérie après avoir investi la traite négrière et la colonisation, il remonte à la dénonciation de l’État français du Maréchal Pétain que les autorités officielles et médiatiques qualifient de « gouvernement de fait » ou d’« illégal ». Or la réalité n’est jamais aussi manichéenne; elle est plus complexe et… surprenante.
Alors que l’Université hexagonale écarte les sujets déplaisants pour la pensée unique, il faut saluer une historienne, Cécile Desprairies, qui vient de publier un ouvrage au titre révélateur : L’héritage de Vichy. Ces 100 mesures toujours en vigueur. Elle démontre en effet que plus de soixante-dix ans après la fin de cette « période sombre » subsistent diverses mesures prises par ce régime « illégitime » ! « Quel est le sort des 16 786 lois et décrets promulgués entre 1940 et 1944 ? Ces mesures sont déclarées pour la plupart nulles et les textes attentatoires aux libertés publiques et discriminatoires à l’égard des citoyens envoyés aux poubelles de l’Histoire. Mais certaines d’entre elles – soixante-huit exactement – perdurent telles quelles ou légèrement modifiées… (p. 11) » À partir de cette observation explosive pour le conformisme dominant, Cécile Desprairies fait une recension assez objective.
L’ouvrage se veut pédagogique. On examine la persistance de la « Révolution nationale » à travers huit thèmes principaux, à savoir la vie quotidienne, l’alimentation, la culture, l’éducation, les métiers, les pratiques sportives, la santé et les équipements et transports. Le livre se présente comme un recueil d’exemples souvent structurés en trois parties : « Un peu d’histoire », « Le sujet traité sous Vichy », « Et aujourd’hui ? ».
Un quotidien toujours vichyste !
À partir de cette nomenclature, on découvre ce que la France contemporaine doit beaucoup à l’État français. « Prenant acte de la défaite, Pétain s’efforce de construire un ordre nouveau, imprégné d’une idéologie traditionaliste et réactionnaire, et tempéré par un courant technocratique (p. 11). » Il en découle des initiatives qui ont franchi le temps et qui sont maintenant des habitudes sociales bien ancrées. Signalons par exemple la sirène à Midi de chaque premier mercredi du mois, l’heure d’été (certes rétablie en 1976, mais elle reprenait un choix de l’occupant allemand), l’obligation d’afficher à l’entrée du restaurant un menu à prix fixe, le développement de la future restauration collective, la création de l’agrégation de géographie distincte de l’agrégation d’histoire, l’enseignement scolaire du dessin et de la musique, la mise en place de chorales scolaires, la fondation de l’Institut des hautes études cinématographiques… C’est à cette époque que commence l’enseignement à distance. La tendance décentralisatrice du régime encourage les premiers cours de breton, de provençal et d’occitan dans le secondaire. « Par l’un de ces retournements dont l’histoire est coutumière, la promotion des langues régionales est faite par un ministre jacobin (p. 137). »
Sous le gouvernement perspicace et technocratique de l’amiral Darlan, les régions sont conçues dans leurs tracés actuels. Ainsi la Loire-Inférieure et Nantes sont-ils détachés de la Bretagne. Par ailleurs, « sous Vichy, l’appellation Île-de-France commence à se généraliser – et remplace peu à peu celle de Groß Paris – pour désigner la région parisienne administrative et non plus seulement géographique (p. 228) ». Desprairies voit dans la nouvelle carte des futures régions administratives l’influence du géographe allemand, membre du N.S.D.A.P., Walter Christaller, dont les travaux influenceront aussi dans la décennie 1960 le Commissariat au Plan en matière d’Aménagement du territoire (les métropoles d’équilibre). Soucieux à la fois d’aménager l’espace français et d’améliorer le cadre de vie de la population parisienne, le régime pétainiste réorganise les transports parisiennes (ébauche de la R.A.T.P.), construit de nouvelles stations de métro, élabore la carte hebdomadaire de travail qui deviendra par la suite la « Carte orange », puis le Pass Navigo. S’esquisse enfin un projet ambitieux de périphérique routier séparant Paris de ses communes voisines…
Avant que Sarközy place sous la tutelle du ministère de l’Intérieur la police et la gendarmerie, Vichy l’avait déjà fait. Il étatise aussi dès 1941 les polices municipales et fonde une police nationale dont les recrues sont formées dans les premières écoles de police. Quant à la carte nationale d’identité, elle est étendue à l’ensemble de la population et rendue obligatoire. La présence allemande contraint à remplacer les panneaux écrits de signalisation par des panneaux pictographiques que le code de la route entérinera ensuite, et favorise les activités sportives avec les débuts du ski en haute montagne, de l’alpinisme, de l’éducation physique enseignée et du handball, un sport d’origine allemande.
Affirmation de l’appareil bureaucratique
Fidèle à sa tradition paternaliste, corporatiste et sociale-chrétienne, « Vichy représente un moment privilégié du développement de l’État social : allocation de salaire unique, retraite aux vieux travailleurs salariés, supplément familial de traitement pour les fonctionnaires… datent de cette période (p. 12) ». Citons d’autres mesures comme le « Noël du Maréchal » qui deviendra le « Noël des entreprises », la « Journée nationale des Mères » qui sera bientôt la « Fête des Mères », l’accouchement sous X, la fonction de président – directeur général, et la mise en place des comités sociaux d’entreprises et des comités de sécurité bientôt respectivement renommés « comités d’établissement » et « comités d’hygiène et de sécurité dans les conditions de travail ». L’État français légifère sur le salaire minimum, les accidents du travail, la charge de médecin – inspecteur du travail et impose le numéro de sécurité sociale encore en vigueur.
La récompense de « meilleur ouvrier de France » vient, elle aussi, de ces « Années noires ». Par cette politique sociale ambitieuse, « le régime de Vichy avait tenté de mettre en place une “ société d’ordres ”, selon le mot de l’historien François-Georges Dreyfus. En cela, il a réussi (p. 155) ». Sont ainsi créés les ordres professionnels des médecins, des architectes et des experts-comptables. Mais ce versant néo-corporatiste est contrebalancé par des initiatives modernisatrices telles la reconnaissance du travail féminin. La loi du 22 septembre 1942 « institue […] un régime de liberté d’exercice du travail par la femme mariée (p. 140) ». Il en résulte une nette étatisation comme le souligne l’historien immigrationniste Gérard Noiriel : « La révolution nationale entraîne une accélération brutale du processus d’étatisation de la société française, illustrée par l’argumentation spectaculaire du nombre des fonctionnaires (qui progresse de 26 % en cinq ans) (1). »
Une attention particulière est portée à la santé avec l’apparition des hôpitaux publics, des carnets de santé et de vaccination, l’extension des allocations familiales et la lutte accrue contre l’alcoolisme avec la fin du droit de bouilleurs de cru. La qualité et le terroir sont exaltés grâce aux A.O.C. (appellations d’origine contrôlée). Cet intérêt social n’est pas une simple caution théorique. « L’idée que l’État doit s’efforcer de résoudre les malheurs du peuple est devenue une évidence pour tous les hommes politiques, y compris pour les partisans de la Révolution nationale, écrit Noiriel. Certes le nouveau régime rejette la démocratie et le suffrage universel. Néanmoins, à aucun moment Pétain et ses collaborateurs n’ont soutenu l’idée qu’il fallait en revenir à un système politique fondé sur l’exclusion des classes populaires. À ma connaissance, on ne trouve dans aucun texte officiel l’idée que les pouvoirs publics ne devraient pas se préoccuper du sort du peuple. Bien au contraire, tout le projet politique de Vichy vise à convaincre l’opinion que le nouveau pouvoir peut résoudre ces problèmes mieux que la IIIe République (2). »
Sur les influences inavouées et méconnues entre les deux régimes, Cécile Desprairies ne cache pas que « sur un certain nombre de points, le gouvernement [de Vichy] parachève sans les nommer les initiatives du Front populaire que la IVe République entérinera (p. 12) ». En réalité, la IIIe République dans ses dernières années, l’État français, la France libre et les IVe et Ve Républiques poursuivent les mêmes objectifs. Par exemple, la protection de l’enfant délinquant si chère à Robert Badinter et aux chantres de l’excuse permanente revient au garde des Sceaux du Maréchal Raphaël Alibert… Quant au délit de non-assistance à personne en danger, on apprend que c’est à l’origine une loi de circonstance qui répond aux attentats anti-allemands. Ces quelques cas mis en exergue font écrire à l’auteur que « Vichy a été un régime autoritaire et répressif mais au sein de son œuvre législative, nous devons reconnaître la part d’héritage qu’on lui doit. Certaines lois et pratiques […] ont été constructives, même si pour beaucoup d’entre elles leur application a dû attendre la IVe République pour être efficace (p. 13) ».
L’accouchement méconnu de la France contemporaine
On oublie par ailleurs que de nombreux fonctionnaires commencèrent leur carrière au service du vainqueur de Verdun et que les novations du régime les marquèrent durablement. « Les technocrates qui travaillent à l’œuvre de modernisation suivront après 1942 des voies très différentes, certains s’engageant dans la résistance ou rejoignant Alger, d’autres choisissant le parti de la collaboration. Certains feront parler d’eux après 1945 : Pierre de Calan, Claude Gruson, Maurice Couve de Murville… Michel Debré est à Alger, auprès du général Weygand. Bon nombre de ces futurs hauts fonctionnaires de la IVe ou de la Ve République (Paul Delouvrier, Simon Nora… mais aussi des non-fonctionnaires comme Hubert Beuve-Méry ou Jean-Marie Domenach) se retrouvent à l’École nationale des cadres d’Uriage, créé au lendemain de la défaite par Pierre Dunoyer de Segonzac (3). »
Cette continuité se retrouve dans le domaine juridique peu traitée, il est vrai, par Cécile Desprairies. La législation actuelle contient encore bon nombre de décisions prises par l’État français. Le remembrement agricole, base de la « révolution silencieuse » des années 1950 – 1960, procède de la loi du 9 mars 1941 et du décret du 7 janvier 1942 validés ensuite par une ordonnance du 7 juillet 1945. Mieux, la loi du 25 novembre 1941 réduit à neuf le nombre de jurés en cours d’assises et autorise les trois magistrats professionnels à assister aux délibérations du jury et à y participer. Le décret du 22 mars 1942 consacré au délit d’entrave à la circulation ferroviaire s’applique toujours en dépit de l’abrogation de plusieurs articles. Une de ces dispositions punit encore d’une amende de quatrième catégorie d’un montant de 135 € toute « violation de l’interdiction de cracher dans une dépendance d’un service public »…
Dénié avec force par certains gaullistes, l’État français de Vichy appartient en fait à une variante autoritaire de la République et n’est pas un accident institutionnel. En analysant l’esquisse constitutionnelle du Maréchal, Jacques Godechot relève que « ce projet, qui ne vit pas le jour, est cependant intéressant, car plusieurs de ses articles passeront dans les constitutions et lois ultérieures (4) ». La Révolution nationale s’inscrit dans une tradition française alternative aux modèles républicain et royal qui a donné le Consulat, le Premier Empire (sous réserve de périodisation précise) et le Second Empire non libéral. À l’heure où le Conseil constitutionnel a pris une dimension nouvelle non négligeable alors que son mode de désignation demeure déficient et partial, il serait bon de s’inspirer du projet de 1942 qui envisageait une Cour suprême de justice dont le recrutement mériterait un examen attentif de la part de nos « gouvernants ».
L’aura constitutionnel de Vichy s’étendit jusqu’au Général de Gaulle comme le rapporte Michel Debré lors de la rédaction de la Constitution de 1958. « Une fin d’après-midi de juillet, le Général me demande de proposer au comité du soir un article qui eût sanctionné officiellement le titre de “ Chef de l’État ”. Ce que je fais d’autant plus aisément que ce titre consacrait le Droit, tel que nous l’élaborions. Mais par ma proposition, je provoque un tollé. Guy Mollet évoque Vichy et le titre conféré au Maréchal Pétain. Les autres ministres et Cassin lui-même opinent dans le même sens. Je fais observer que c’est une grande querelle pour une voyelle et une consonne. Le Président de la République est “ Chef d’État ”. Est-ce vraiment si dangereux de le dire “ Chef de l’État ” ? Oui, apparemment. L’histoire impose des souvenirs. Le Général reste silencieux. Je n’insiste pas et passe à un autre projet d’article (5). » Une fine analyse du texte initial de la Ve République montrerait que les idées constitutionnelles de Vichy s’y retrouvent, en particulier concernant la fonction et le titre de « Premier ministre ». Par conséquent, les Français devraient accepter, l’esprit tranquille, l’héritage polymorphe de l’État français et mieux comprendre cette période plus cruciale qu’ils ne le croient pour la seconde moitié du XXe siècle.
Georges Feltin-Tracol
Source : Europe Maxima
Vidéo complémentaire : L'héritage du gouvernement de Vichy
lundi 21 janvier 2013
Triomphe de la croix du Christ sur le marteau de Thor
Tous les pseudo-historiens obsédés par le problème des fameuses « sources écrites » décrivent une des plus fantastiques aventures de notre monde comme une sorte de chaos où il ne serait rien survenu. Ce sont, pour eux, des années obscures, des siècles «noirs». Ils ne consentiront à faire redémarrer l’Histoire qu’après avoir mis l'essence du christianisme dans son moteur. Une fois convertis à la Foi de l’Orient, les païens deviennent, enfin, des gens bien convenables que l’on peut accueillir dans la fraternité universelle. Mais nos prestidigitateurs ont escamotés près de dix siècles! Les plus significatifs et les plus déterminants. Heureusement, les archéologues et les philologues nous aident à y voir un peu plus clair ; Ce qui s'était passé deux ou trois mille ans avant notre ère va recommencer. Une fois encore, le centre de dispersion, la « matrice des peuples » ce sera la plaine du Nord, et singulièrement la péninsule jutlandaise. C'est du pays de l’ambre que les fils de l'éternelle Hyperborée vont, à nouveau, déferler sur toute l’Europe.
Mais qui se fera le chantre de cette colossale migration ce Völkerswanderung prodigieux, qui constitue, jusqu'à l’époque des vikings, notre nouvelle Longue Marche? Aventure bien plus prodigieuse leurs descendants du XIXè siècle, qui devaient, à leur tour, connaître l’épopée du «western » des plaines de l'Ouest américain et de l'immense steppe sibérienne. Le Danois Johannès V. Jenser a, naguère tenté une telle entreprise romanesque, mais son oeuvre n'a jamais été traduite en français,une fois encore, un tel récit montrerait combien les peuples européens, dans toutes leurs nécessaires diversités, n'en ont pas moins été fécondés par les mêmes vagues de conquérants, surgis des rivages marécageux de la Baltique et des forêts immenses où avait naguère lutté et vaincu Arminius le Chérusque. Une fois encore, l'opposition séculaire entre le Nord et le Sud y perdrait de sa dangereuse acuité. On trouve toujours d'authentiques Hyperboréens des rivages de Galice aux collines de Provence. Une opposition des Gaulois et des Teutons n'a finalement pas plus de sens profond que la lutte des Germains et des Romains. Les Alains de la mer Noire et les Celtes de Bretagne sont du même sang. Ils sont authentiques fils de Thulé.
La Longue Marche des peuples de l'Europe du Nord
À la veille de ces invasions d'où devait sortir notre monde médiéval, Il est intéressant d’égrener les noms de chaque Sippe, ou tribu, et de chercher à les localiser dans l'espace, que les auteurs latins appelaient indifféremment Hyperborée ou Germanie. À l'est, les Goths, venus de la Baltique jusqu'en Ukraine, se divisent en Ostrogoths, les « Brillants », et en Wisigoths, les « Sages ».Les Gépides voisinent avec les Vandales. Les Burgondes, venus de l'île de Bornholm, cette autre Thulé, glissent de l'Oder vers le Rhin. À l'ouest, les Alamans se maintiennent sur ce fleuve, tandis que les Francs se divisent en Ripuaires et Saliens.
Au nord, les Angles et les jutes occupent la presqu'île sacrée des rivages de l'ambre. Entre les bouches de l'Elbe et de la Weser, vivent les Saxons et les Frisons, tandis que les Lombards sont installés entre l'Elbe et l'Oder. Soudain, la carte s'anime. Les tribus se mettent en marche. Le sang du Nord coule comme la lave des volcans de l'Islande, recouvrant peu à peu toutes les provinces du monde romain, agonisant sous le poison d'une foi étrangère. Divisé par Dioclétien en diocèses, l'Empire va mourir. L’unité politique ne recouvre plus qu'un chaos ethnique. Que peuvent, contre les lois de la vie, les phrases du poète chrétien Prudence: « Du mélange des peuples, une race unique est née... La paix romaine a préparé la voie à la venue du Christ... Déjà, ô Christ, tu saisis le monde, que la Paix et Rome tiennent en un noeud serré. »
L’épée des héritiers d'Arminius va trancher ce noeud multicolore. Eux, refusent cette fin des temps,, que prêchent saint Jérôme et les prophètes de l'Apocalypse.Les Barbares croient en leur puissance et en leur force. Ils ne sont pas les prédicateurs d'un autre monde, ils sont l'éternelle jeunesse de cette terre.jeunes. Jeunes, bien sûr, mais avec toutes les imprudences et les naïvetés de la jeunesse.
Devant les évêques, rompus à toutes les acrobaties dialectiques, ils ne vont pas faire le poids. On nous raconte que la conversion au christianisme a été spontanée, puisque la nouvelle religion venue d’Orient aurait été « supérieure » à nos vieux cultes barbares. La bonne blague !
On n’imagine assez mal les chefs barbares discutant théologie avec ces petits clercs au verbe intarissable. Les seuls qui auraient pu, peut-être, discuter au IVè siècle, c’étaient les prêtres païens les godis. Il n’en restaient plus beaucoup. Déjà, les Romains avaient commencé l’anéantissement systématique de la classe sacerdotale hyperboréenne. Sur l’île de Mona, par exemple ils avaient massacré tous les druides. Cette histoire d’une conversion pour des raisons « religieuses » est stupides. Mais tous le monde semble l’admettre, car elle rejoint les idées à la mode. Sans la victoire du monothéisme, on ne pourrait ni parler de l’identité de tous les humains, ni définir l’homme par l’extra-humain. Le mythe égalitaire va naître du christianisme et sera récupéré par le marxisme. Aussi, tous les bouffeurs de curés francs-maçons parlent sans rire de la supériorité du christianisme. La réalité est tellement plus évidente. C’est tout simplement une histoire de politique. Les chefs barbares avaient déjà besoin de songer à leurs électeurs, ce qui mène à toutes les bêtises.
Les raisons véritables de la conversion des « Barbares »
Dans cette décadence de l’Empire romain, il ne reste plus qu’un seul pouvoir, invisible, mais réel, celui de l’appareil ecclésiastique. L’Eglise est devenue organisation, elle contrôle, de plus en plus, de grandes masses de populations, sur l’étendue de l’Empire agonisant. L’Eglise allait devenir la seule interlocutrice possible entre la grande masse conquise et les chefs conquérants. Les Barbares sont des hommes d’actions. Pour contrôler leurs nouveaux sujets, des immenses territoires qu’ils ont conquis, ils vont faire confiance à ceux qui les connaissent bien et qui, depuis des génération et des générations les manipulent. Ce sera l’Eglise.
Car le pouvoir des chefs germains semble moins grands, à long terme, que celui des évêques chrétiens, qui contrôlent les populations. Le système de coercition mentale du christianisme fonctionne souvent depuis plus d’un siècle. Il a fait ses preuves. Les Barbares sont éblouis par l’intelligence, le fanatisme et la culture de ceux qui se présentent comme leurs interlocuteurs privilégiés. Il ne « font pas le poids » devant ce mélange de raisonnement astucieux et de malhonnêteté habile. Ils n’ont pas été comme eux formé a la dialectique révolutionnaire.
Les chefs barbares s’épuisent en querelles personnelles. Pour se maintenir au pouvoir, contre leur concurrents, les candidats ont besoin d’appui. Ce que leur offrent leurs interlocuteurs chrétiens, rompus aux intrigues. Leurs arguments étaient : « Le Dieu unique à crée le monde. L’ordre du monde ne peut être que l’ordre de Dieu. Lui désobéir serait désobéir à Dieu lui même. Si tu te convertis avec tes hommes, ton pouvoir précaire se transformera en pouvoir divinisé. »La confirmation de cette dialectique imparable se retrouvait dans le fait, que ce sont les chefs qui ont ordonné à leurs hommes de se soumettre à la volonté des évangélisateurs chrétiens, car ils en escomptaient un bénéfice immédiat.
Le Christianisme est aussi le triomphe du monde citadin sur le monde rural. Il ne faut pas oublier l’immense poids numérique des populations urbaines et des paysans « soviétisés » des fermes de l’Etat. La masse humaine de la population européenne, à l’époque des Grandes évasions, se trouve dans le sud et non pas le nord. Le rapport de forces est écrasant.
Mais le plus grave est que les chefs barbares n’avaient aucune conscience historique. Depuis bien longtemps, la classe des Godis avait disparu. Elle seule aurait pu être consciente de l’enjeu du combat qui se livrait entre Rome et Thulé.
Les Invasions Barbares
Les Barbares qui ont pris Rome, en ce beau jour de 410, ne sont plus des païens mais des chrétiens, de la variété schismatique arienne. Leur premier soin sera de massacrer les Romains resté païens, que leur désignent leur coreligionnaires. Ainsi périront les dernières familles patriciennes, fidèles aux dieux du sang et du sol italiotes.
Les Grandes invasions barbares continuent. Après l’Italie, la Gaule tout entière brûle comme une torche. Le Rhin est franchi. Et le Danube. Voici que déferlent les Vandales, les Suèves, les Alains, les Burgondes, les Alamans. L’Espagne est atteinte. Athaulf le Wisigoth rêve d’unir le nom romain et la force gothique.
Mais trop de guerres civiles opposent entre eux ces pures fils d’Hyperborée. Vieille maladie qui consacre l’absolue primauté de l’individu chez les Germains, mais les rend incapables de se soumettre à la loi d’un seul. Ils n’ont jamais voulu d’autre maître qu’eux-mêmes.
Dans la lointaine île de Bretagne, les Pictes d’écosse franchissent le mur d’Hadrien et les Scots d’Irlande s’installent au pays de Galles, des bretons passent la Manche et s’installent en Armorique. Du Boulonnais au Bessin, les côtes de Gaule sont franques et saxonnes. En Méditerranée, Genséric le Vandale occupe les Baléares, franchit le détroit de Gibraltar et s’empare de Carthage. La vieille rivale de Massalia et de Rome tombe au mains d’un fils de Thulé.
Théodoric le Wisigoth a stoppé Attila aux Champs catalauniques et sauvé l’Europe des Huns, en 451. Le royaume wisighotique ira de la boucle de la Loire au détroit de Gibraltar et de l’océan Atlantique aux Alpes maritimes. En septembre 476, Romulus, le dernier empereur romain d’Occident, surnommé « Augustule » n’est plus qu’un enfant prisonnier aux mains de l’Hyperboréen Odoacre.
Les fils de Thulé pouvaient tenir le monde, mais ils se sont déchirés comme des colporteurs sur un marché. Théodoric l’Ostrogoth envahit l’Italie et assassine Odoacre. Clovis le Franc s’empare de Soissons et se bat contre les Alamans. A la fin du Vè siècle ou au début du Vè, on hésite encore entre les dates de 498 ou de 506, il se convertit au catholicisme, pour devenir « roi de droit divin » et affermit ainsi son pouvoir. Il reçoit le baptême un jour du solstice d’hiver ! Ce reniement de la foi de Thulé lui assure le soutient de l’Eglise et lui permet de vaincre les Wisigoths. La « force historique » de Clovis et de son vieux complice l’évêque Rémi, c’est le germe de mort au sein du monde germanique.
Le massacre, ultime ressource des évangélisateurs à Verden
Désormais, les pires ennemis de Thulé, ce seront des Hyperboréens convertis. Dès le VIIè siècle le triomphe du christianisme apparaît total en Occident. La victoire absolue a été obtenue en Irlande, où les populations gaéliques, sensibles au merveilleux, se sont montré vite éblouies par les récits fantastiques des missionnaires. Une des Terre sacrées de l’Hyperborée basculait ainsi dans un gigantesque éblouissement, et rejoignait le camp de Rome.
Mais commence aussi pour le christianisme la lutte la plus dure. Les ressources de la dialectique s’épuisent en avançant vers l’Est et le Nord. La nouvelle méthode, maintenant que les chefs barbares de l’Occident ont mis par calcul politique, leur épée au service de la croix, ce ne sera plus le verbiage mais le massacre. Les païens sont mal armés pour se défendre. Ils n’ont jamais possédé d’organisation religieuse centralisée et l’île sainte de Thulé reste davantage un symbole qu’une réalité. Les croyances païennes sont nombreuses et diffuses. Elles varient selon les peuples et même selon les individus. Chaque homme « en prend et en laisse » avec les dieux comme chefs. La foi reste affaire individuelle et intérieure.
En face, l’Eglise apparaît comme un bloc sans faille. Elle a prit la succession de la Rome antique et elle va entièrement contrôler le pouvoir qui a succédé a celui des empereurs. Le Clergé va réaliser avec Charlemagne la totale alliance du trône et de l’autel. Thulé ne pourra rien contre le globe et la croix.
Charlemagne est, certes, un beau symbole pour enterrer la petite querelle entre les Gaulois et les Teutons. Est-il allemand ou est-il français cet empereur qui va régner à Aix-la Chapelle ? Mais le couronnement de l’an 800 est une catastrophe. Karl der Gross n’est pas l’unificateur de notre continent. C’est le fossoyeur de notre liberté. Charlemagne n’a pas relié les lambeaux de l’ancien Empire romain. Il a fait couler un fleuve de sang entre les fils fidèles de Thulé et les rénégats qu’il menait à l’assaut des libres peuples du Nord. Sa guerre contre les Frisons et les Saxons reste un crime imprescriptible. Lui aussi, il préférait « la politique ».
Le véritable héros de Thulé dans cette aventure, c’est Witukind le Païen. L’Eglise parle pudiquement de la conversion des Saxons. Un baptême dans le sang ! Il ne faudra jamais oublié ce qui s’est passé à Verden en 782.
Verden, est une petite ville de Basse-Saxe. L’endroit maudit, Sachsenheim, se situe au nord de la ville. Cette allée circulaire de plusieurs kilomètres borde une prairie gorgées d’eau. Là, s’est déroulée le massacre. Quatre mille cinq cents Saxons ont été passés au fil de l’épée par les soudards chrétiens de Charlemagne. Le chemin est bordé de grosse pierres qui atteignent parfois la taille d’un homme. On en compte autant que de païens massacrés pour leur foi. Immense temple naturel qui perpétue le souvenir de cette effroyable exécution des captifs. Mais ce qui est plus odieux . C’est que, après la dernière guerre, le clergé allemand a réussi à récupérer ce lieu, où désormais s’élèvent les bâtiments d’une école évangélique. Des versets de la Bible sont gravé sur certaines pierres et, au milieu du champ des martyrs se dresse une immense croix : Le mensonge s’ajoutait à l’horreur. On avait osé changé le camp des victimes.
Après l’installation des Lombards en Italie du Nord, la venue des Danois et des Norvégiens, en Angleterre et en France, constituait le dernier acte de l’immense Völkerwanderung nordique.
Les Scandinaves étaient resté païens et Odin, le dieu borgne, envoyait ses corbeaux pour les guider sur la route des vagues. Les vikings n’ont pas réussit pourtant, à créer un empire du Nord Hyperboréen et païen, alors qu’ils occupaient un prodigieux espace géographique, de Terre-Neuve à la Volga et de l’Islande à Byzance. Il leur manquait une volonté politique d’unité. Mais ils étaient trop épris de liberté pour se soumettre au moindre pouvoir. Le « centre » de leur monde oscillait sans cesse de la Norvège à l’Angleterre et du Danemark à la Normandie, au hasard des équipées royales. Après la décision prise, à l’Althing islandais de l’an Mil, de se convertir au christianisme, toute cette tempête se calme.
Pourtant il reste quelques païens irréductible.Ces derniers fidèles a la foi du Nord, on les retrouve en 1047, à la bataille du Val-ès-Dunes. Au cours de laquelle les barons nordiques du cotentin se sont révoltés contre Guillaume le Bâtard et ses troupes chrétiennes alliées au Français. On entendit une dernière foi la vieille clameur païenne de « Thor aïe » retentir sur une terre d’Occident. Le dieu au marteau devait s’incliner devant le duc à la Croix.
Source : Konigsberg
21 janvier - Anniversaire du régicide
Le 21 janvier 1793, la racaille révolutionnaire, ivre de haine et de rage, assassinait le roi de France, Louis XVI, âgé de 38 ans.
Cet acte sauvage recelait une grande force symbolique : en décapitant celui qui était le père de la nation organique et le sommet de l’Etat monarchique, c’était l’ordre ancien qui était abolit, en profondeur, au profit d’une contre-civilisation qui allait s’instaurer progressivement et inexorablement et dont nous connaissons aujourd’hui une certaine étape.
Pour l’anecdote, et contrairement à ce que laissait espérer l’innovation technique que constituait la guillotine, l’exécution du roi martyr fut une boucherie. Revenons donc à ce triste épisode, au cœur des heures les plus sombres de notre histoire.
Craignant un ultime rebondissement si le roi faisait un discours devant la foule, le commandant de la garde nationale donna l’ordre de faire jouer tous les tambours au pied de l’échafaud, qui était d’ailleurs fortement protégé. Sur la dernière marche cependant, le roi fit un signe impérieux aux tambours qui, surpris, cessèrent de battre, et cria d’une voix tonnante: « Je meurs innocent de tous les crimes qu’on m’impute. Je pardonne aux auteurs de ma mort, et je prie Dieu que le sang que vous allez répandre ne retombe jamais sur la France. Et vous, peuple infortuné… »
Déjà, des ordres étaient donnés et les tambours reprenaient.
Un journaliste de l’époque écrivit : « Est-ce bien le même homme que je vois bousculé par quatre valets de bourreau, déshabillé de force, dont le tambour étouffe la voix, garrotté à une planche, se débattant encore, et recevant si mal le coup de la guillotine qu’il n’eut pas le col mais l’occiput et la mâchoire horriblement coupés ? »
D’après certains témoignages, il fallut s’y reprendre à deux fois pour trancher la tête, tandis que d’autres affirment que le bourreau dut appuyer de tout son poids sur la lame qui avait à peine entamé le crâne – au lieu du cou – afin de détacher la tête…
Le prêtre présent raconta qu’ensuite « Le plus jeune des gardes, qui semblait avoir dix-huit ans, saisit immédiatement la tête, et la montra à la populace en faisant le tour de l’échafaud ; il accompagna cette monstrueuse cérémonie des gestes les plus atroces et les plus indécents ».
On notera avec inquiétude que l’idéologie républicaine, contre-nature et forgée dans le sang de très nombreux Français, connaît aujourd’hui un certain regain de popularité dans la « mouvance nationale », même si certaines structures comme le Renouveau français y ferraillent inlassablement contre la doctrine mortifère issue des Loges.
Ci-dessous, le testament de Louis XVI, rédigé le 25 décembre 1792, envoyé à la Commune de Paris le 21 janvier 1793 :
« Au nom de la tres Sainte Trinité du Pere du fils et du St Esprit. Aujourd’hui vingt cinquieme jour de Decembre, mil sept cent quatre vingt douze. Moi Louis XVIe du nom Roy de France, etant depuis plus de quatres mois enfermé avec ma famille dans la Tour du Temple a Paris, par ceux qui etoient mes sujets, et privé de toutte communication quelconque, mesme depuis le onze du courant avec ma famille de plus impliqué dans un Proces, dont il est impossible de prevoir l’issue a cause des passions des hommes, et dont on ne trouve aucun pretexte ni moyen dans aucune Loy existante, n’ayant que Dieu pour temoin de mes pensées et auquel je puisse m’adresser. je declare ici en sa presence mes dernieres volontés et mes sentiments.
Je laisse mon ame a Dieu mon createur, je le prie de la recevoir dans sa misericorde, de ne pas la juger d’apres ses merites, mais par ceux de Notre Seigneur Jesus Christ, qui s’est offert en sacrifice a Dieu son Pere, pour nous autres hommes quelqu’indignes que nous en fussions, et moi le premier.
Je meurs dans l’union de notre sainte Mere l’Eglise Catholique Apostolique et Romaine, qui tient ses pouvoirs par une succession non interrompue de St Pierre auquel J.C. les avoit confiés. je crois fermement et je confesse tout ce qui est contenu dans le Symbole et les commandements de Dieu et de l’Eglise, les Sacrements et les Mysteres tels que l’Eglise Catholique les enseigne et les a toujours enseignés. je n’ai jamais pretendu me rendre juge dans les differentes manieres d’expliquer les dogmes qui dechire l’Eglise de J C. mais je m’en suis rapporté et rapporterai toujours si Dieu m’accorde vie, aux decisions que les superieurs Ecclésiastiques unis a la Sainte Eglise Catholique, donnent et donneront conformement a la discipline de l’Église suivie depuis J.C. je plains de tout mon cœur nos freres qui peuvent estre dans l erreur, mais je ne pretends pas les juger, et je ne les aime pas moins tous en J.C. suivant ce que la charité Chretienne nous l’enseigne.
Je prie Dieu de me pardonner tous mes pechés. j’ai cherché a les connaitre scrupuleusement a les detester et a m’humilier en sa presence, ne pouvant me servir du Ministere d’un Prestre Catholique. je prie Dieu de recevoir la confession que je lui en ai faitte et surtout le repentir profond que j’ai d’avoir mis mon nom, (quoique cela fut contre ma volonté) et des actes qui peuvent estre contraires a la discipline et a la croyance de l’Eglise Catholique a laqu’elle je suis toujours resté sincerement uni de cœur. je prie Dieu de recevoir la ferme resolution ou je suis s’il m’accorde vie, de me servir aussitôt que je le pourrai du Ministere d’un Prestre Catholique, pour m’accuser de tous mes peches, et recevoir le Sacrement de Penitence.
Je prie tous ceux que je pourrois avoir offensés par inadvertance, (car je ne me rappelle pas d’avoir fait sciemment aucune offense a personne) ou ceux a qui j’aurois put avoir donné de mauvais exemples ou des scandales de me pardonner le mal qu’ils croyent que je peux leur avoir fait
Je prie tous ceux qui ont de la Charite d’unir leurs prieres aux miennes, pour obtenir de Dieu le pardon de mes péchés.
Je pardonne de tout mon cœur, a ceux qui se sont fait mes ennemis sans que je leur en aie donne aucun sujet, et je prie Dieu de leur pardonner, de mesme que ceux qui par un faux zele, ou par un zele mal entendu m’ont faits beaucoup de mal.
Je recommande a Dieu, ma femme, mes enfants, ma Sœur, mes Tantes, mes Freres, et tous ceux qui me sont attachés par les Liens du Sang, ou par quelqu’autre maniere que ce puisse estre. je prie Dieu particulierement de jetter des yeux de misericorde, sur ma femme mes enfants et ma Sœur qui souffrent depuis longtemps avec moi, de les soutenir par sa grace s’ils viennens a me perdre, et tant qu’ils resteront dans ce monde perissable.
Je recommande mes enfants a ma femme, je n’ai jamais doutté de sa tendresse maternelle pour eux ; je lui recomande surtout d’en faire de bons Chretiens et d’honnestes hommes, de leur faire regarder les grandeurs de ce monde ci (s’ils sont comdamnes a les eprouver) que comme des biens dangereux et perissables, et de tourner leurs regards vers la seule gloire solide et durable de l’Eternité. je prie ma Sœur de vouloir bien continuer sa tendresse a mes enfants, [mots raturés], et de leur tenir lieu de Mere, s’ils avoient le malheur de perdre la leur.
Je prie ma femme de me pardonner tous les maux qu’elle souffre pour moi, et les chagrins que je pourrois lui avoir donnés dans le cours de notre union, comme elle peut estre sure que je ne garde rien contre elle, si elle croioit avoir quelque chose a se reprocher.
Je recomande bien vivement a mes enfants, apres ce qu’ils doivent a Dieu qui doit marcher avant tout, de rester toujours unis entre eux, soumis et obeissants a leur Mere, et reconnoissants de tous les soins et les peines qu’elle se donne pour eux, et en memoire de moi. je les prie de [mot raturé] regarder ma Sœur comme une seconde Mere.
Je recomande a mon fils s’il avoit le malheur de devenir Roy, de songer qu’il se doit tout entier au bonheur de ses Concitoyens, qu’il doit oublier toute haine et tout ressentiment, et nommement tout ce qui a rapport aux malheurs et aux chagrins que j’eprouve. qu’il ne peut faire le bonheur des Peuples qu’en regnant suivant les Loix, mais en mesme temps qu’un Roy ne peut les faire respecter, et faire le bien qui est dans son cœur, qu’autant qu’il a l’autorité necessaire, et qu’autrement etant lié dans ses operations et n’inspirant point de respect, il est plus nuisible qu’utile.
Je recomande a mon fils d’avoir soin de touttes les personnes qui m’etoient attachées, autant que les circonstances ou il se trouvera lui en donneront les facultés, de songer que c’est une dette sacrée qui j’ai contractée envers les enfants ou les parents de ceux qui ont peris pour moi, et ensuitte de ceux qui sont malheureux pour moi je scai qu’il y a plusieurs personnes de celles qui m’etoient attachées qui ne se sont pas conduittes envers moi comme elles le devoient, et qui ont mesme montrés de l’ingratitude, mais je leur pardonne, (souvent dans les moments de troubles et d’effervescence on n’est pas le maitre de soi) et je prie mon fils s’il en trouve l’occasion de ne songer qu’a leur malheur.
Je voudrois pouvoir temoigner ici ma reconnoissance a ceux qui m’ont montrés un veritable attachement et desintéressé. d’un costé si j’etois sensiblement touché de l’ingratitude et de la deloyauté de gens a qui je n’avois jamais temoignés que des bontés, a eux a leurs parents ou amis, de l’autre j’ai eu de la consolation a voir l’attachement et l’interest gratuit que beaucoup de personnes m’ont montrées. je les prie d’en recevoir tous mes remerciments, dans la situation ou sont encore les choses, je craindrois de les compromettre, si je parlois plus explicitement mais je recomande specialement a mon fils de chercher les occasions de pouvoir les reconoitre.
Je croirois ca[lo]mnier cependant les sentiments de la Nation si je ne recomandois ouvertement a mon fils Mrs de Chamilly et Hue, que leur veritable attachement pour moi, avoit porté a s’enfermer avec moi dans ce triste sejour, et qui ont pensés en estre les malheureuses victimes. je lui recomande aussi Clery des soins duquel j’ai eu tout lieu de me louer depuis qu’il est avec moi comme c’est lui qui est resté avec moi j’usqu’a la fin, je prie Mrs de la Commune de lui remettre mes hardes mes livres, ma montre ma bourse, et les autres petits effets qui ont estés deposés au Conseil de la Commune.
Je pardonne encore tres volontiers a ceux qui me gardoient, les mauvais traitements et les genes dont ils ont cru devoir user envers moi. j’ai trouvé quelques ames sensibles et compatissantes, que celles la jouissent dans leur cœur de la tranquillité que doit leur donner leur façon de penser.
Je prie Mrs de Malesherbes Tronchet et de Seze, de recevoir ici tous mes remerciments et l’expression de ma sensibilité, pour tous les soins et les peines qu’ils se sont donnés pour moi.
Je finis en declarant devant Dieu et pret a paroitre devant lui que je ne me reproche aucun des crimes qui sont avancés contre moi.
Fait double a la tour du Temple le 25 Decembre 1792 »
LOUIS XVI
Source : Contre-Info
jeudi 6 décembre 2012
Régis Boyer - La mythologie nordique
Régis Boyer : Professeur émérite de langues, littératures et civilisations scandinaves à l'université de Paris IV-Sorbonne.
Évoquer la « religion » païenne nordique, à supposer qu'elle ait réellement existé, est un sujet particulièrement épineux dans la mesure où nous manquons de sources fiables sur ce que furent les Germains et sur leur aire d'expansion à partir du début de notre ère, et que les Scandinaves, qui furent des Germains septentrionaux, nous échappent avant une date relativement récente. Malgré certaines précautions, l'étude des pétroglyphes, des Eddas et des sagas permet de montrer comment les mythes scandinaves se sont organisés autour des cultes rendus aux grandes forces naturelles. Régis Boyer, auteur de nombreux ouvrages dont Les Vikings. Histoire et civilisation (Plon, 2002), nous présente les figures majeures du panthéon scandinave.
Des sources rares
Les nombreuses théories qui ont pu voir le jour sur la culture, la mentalité, la religion des Scandinaves sont toutes sujettes à caution. L'exemple de Georges Dumézil, si brillant qu'il soit, est typique dans la mesure où son trifonctionnalisme ne vaut simplement pas pour le Nord. Nos sources, ou bien sont décevantes, notamment en ce qui concerne les runes, ou bien sont d'interprétation vraiment malaisée ; ainsi des pétroglyphes de l'âge du bronze en attendant, un millénaire plus tard, la poésie scaldique.
Nos documents écrits, Eddas et poésie scaldique, sagas et textes apparentés sont trop récents : ils datent en moyenne, et au mieux, du XIe siècle et sont surtout imprégnés d'influences chrétiennes. L'exemple des deux grands mythographes scandinaves, l'Islandais Snorri Sturluson auteur de l'Edda dite en prose, ou le Danois Saxo Grammaticus avec la Gesta Danorum, tous deux actifs vers 1200, est éclairant : ils font de l'interpretatio christiana, græca ou latina de bons vieux mythes qu'ils n'entendent généralement plus. Les Ragnarök ressemblent à l'Apocalypse chrétienne, les valkyries, aux anges, Odin, à Mercure, Baldr, à Baal, le chien-loup Fenrir, à Cerbère, et ainsi de suite. Il faudrait connaître à fond la mentalité de ces peuples mais nous manquons cruellement de documents clairement intelligibles. Même si nous disposons de très peu de témoignages non scandinaves sûrs, les contacts entre le Nord et les mondes celtique, latin ou slave n'ont pas pu ne pas déterminer des déteintes profondes, bref, nous en sommes réduits à conjecturer...
Pour battre en brèche ces vues pessimistes, une religion étant toujours l'expression d'une attitude essentielle de l'être humain en face de ses conditions de vie et donc de son aperception de la mort, il faut se rappeler, d'une part, que le Nord constitue un décor ingrat : sol aride, climat très rude, froid et longue nuit, distances considérables, d'où sont exclus le farniente ou l'hédonisme. Et d'autre part, que les grandes forces naturelles – la Nature elle-même – auront tenu, dans le mental des autochtones, une place qu'elles n'occupent sans doute pas à ce point sous d'autres ciels et en d'autres temps. C'est pourquoi je proposerais volontiers une double grille de lecture de cette religion, organisée selon un double principe. L'une, verticale en quelque sorte, suivra l'évolution historique complexe qu'auront connue ces pays, l'autre, que nous dirons horizontale, prendra en compte les dimensions proprement naturelles de leur Weltanschauung.
Une évolution historique complexe
Dans une perspective diachronique, nous rencontrons d'abord l'âge de la pierre qui va des origines à environ 1800 avant notre ère. Le Nord est alors peuplé de chasseurs-pêcheurs-cueilleurs qui font progressivement reculer les Sames – que nous avons nommés Lapons – non sans avoir subi leurs influences à bien des égards, notamment dans le domaine de la magie. Nous n'avons pour ainsi dire pas de documents datant de cette époque. En revanche, avec l'arrivée de l'influence indo-européenne dont la première vague remonte sans doute aux environs de 3000 avant J.-C., nous foulons un sol plus ferme. Il est probable que sur le plan social, juridique, économique et religieux, un système bien connu se met en place dont Georges Dumézil a brillamment dégagé les caractères. Ceux-ci iront s'accentuant pendant l'âge du bronze (-1800 à -400) sur lequel, pour la première fois, nous sommes documentés, même si les célèbres pétroglyphes sont d'interprétation malaisée. Conjuguée aux trouvailles faites au sol, leur lecture permet des conclusions intéressantes. Mais c'est avec l'âge dit du fer que nous acquérons quelques certitudes. L'instabilité étant la marque des Scandinaves, comme des autres Germains, cette période est conventionnellement divisée en trois temps selon l'influence majeure reçue. Ce seront donc les âges du fer celtique (-400 à 0) avec d'éloquents témoins comme le chaudron de Gundestrup et ses plaques historiées, puis romain (0 à 400 de notre ère) où les influences ont dû être très profondes, puis germanique continental proprement dit (400 à 800). Avec l'âge dit viking (800 à 1100) et les contacts incessants que le mouvement viking établira avec tout le monde connu, nous foulons un sol ferme tant en raison des trouvailles au sol, des témoignages d'observateurs dont certains – les Arabes en particulier – sont certainement recevables, que des renseignements que nous fournissent les Scandinaves eux-mêmes : les Eddas selon une lecture attentive, la poésie scaldique dans la mesure où nous parvenons à la lire, les inscriptions runiques quand elles sont intelligibles, et, à titre de réminiscences, les sagas et la littérature apparentée, encore qu'il ne convienne jamais de les prendre pour des témoins historiques sûrs. Au total, des origines à 1100, nous suivons assez bien la progression d'ethnies bien plus ouvertes et sensibles aux apports étrangers qu'on ne le croirait.
Les grandes forces naturelles
L'axe horizontal, ou synchronique pour demeurer dans le même type de références, est beaucoup plus fructueux. Il part d'une constatation simple : plus qu'ailleurs peut-être, le Nord aura pratiqué un culte vivant des grandes forces naturelles.
Soit le soleil – la Soleil serait mieux dire puisque ce vocable est féminin dans ces langues –, toujours bienfaisant et bienvenu sous ces latitudes. Le petit chariot de Trundholm (Danemark), datant de l'âge du bronze, où un cheval de bronze tire un chariot portant un disque solaire disposé à la verticale, est un témoin éloquent. Un jour, les Havamal (dans l'Edda poétique) diront : « C'est le feu qui est le meilleur/Pour les fils des hommes/Ainsi que le spectacle du soleil ». Et Sol figurera au panthéon, certainement en qualité de dernier avatar de la Grande Déesse du Nord, ou Déesse Mère que cette religion, comme toutes les autres, a connue. Puis viendrait l'air ou le ciel que figurent de petits bonshommes ailés, dans les pétroglyphes, et qui justifie le rôle important que tient l'élément ailé, avec les valkyries ou ce dieu qui s'appelle Loptr, soit Air. L'élément liquide assume un rôle évident en ces pays vivant en constante symbiose avec l'eau sous toutes ses formes, mer, lacs, rivières, neige, glace, marécages : le culte des sources ou des puits, les bourbiers sacrificiels ou keldur sont bien attestés. Le dieu Ægir porte un nom philologique équivalent à grec Okeanos. Reste la terre dont l'importance va de soi. Elle nourrit ces landvættir ou esprits tutélaires chthoniens, elle porte les arbres, tels Yggdrasill ou Irminsul, auxquels nous savons que les Germains vouaient un culte, et elle est personnifiée sous les espèces de la déesse Jör?, la Terre. Ces principes ayant été posés, nous allons reprendre cette double grille en l'appliquant précisément à la religion nordique.
Des principes de force et d'ordre
À l'origine, il y eut les géants et leur force, dont le héros solaire incarné par le forgeron merveilleux ou Völundr. Ils sont l'expression directe de ces grandes forces naturelles, ils ont le savoir des choses primitives. À côté d'eux, existent les nains qui sont sans aucun doute les morts, qui vivent sous terre, savent les grands secrets sacrés et ont le savoir – suprême – du travail des métaux.
À l'âge du bronze, il nous est loisible de dégager de l'ensemble impressionnant des pétroglyphes une sorte de figure globale. Ces représentations attestent d'une cosmogonie solaire figurée par le couple en alternance cheval/bateau, tous deux héliophores, puis d'un rituel nettement magique avec un géant à la lance qui ne peut préfigurer qu'O?inn, enfin d'un culte tellurique de la fertilité-fécondité qu'illustreront un jour les dieux Vanes.
L'âge du fer voit la fixation de ces ethnies. Sous l'angle de la sociologie, avec la famille toute-puissante ou ætt ; sous l'angle de la politique avec l'apparition du land ou entité territoriale fixe ; enfin sous celui de la linguistique avec l'apparition du vieux norois et de la « culture ». Voici les dieux, toujours au pluriel ou au collectif – go?, gu?, bönd, höpt, regin, rögn – et l'émergence du Destin tout-puissant, véritable dieu caché, comme en témoigne Tacite. La valence solaire revient au dieu Tyr – ou Ullr – dont le nom signifie tout bonnement « dieu », la liquide à Njör?r/Nerthus, la tellurique à ces Matræ, Matronæ sans doute venues du monde celtique et qui donneront naissance un jour aux disir, puis à Frigg. Notons cette remarque de l'historien norvégien Andreas Holmsen : « Ici [en Norvège], dans les champs, la divinité était en relations directes avec les forces qui habitaient dans l'épi de blé en cours de croissance et dans le bétail reproducteur, dans le soleil et dans la pluie, dans tout ce qui vivait et donnait la vie ».
Mais c'est évidemment avec l'âge viking et pour les raisons qui ont été avancées plus haut, que nous pouvons prétendre fouler un sol enfin ferme.
L'idée de base sera que les notions de force et d'ordre semblent avoir, de tout temps, présidé à la vision scandinave de l'homme, de la vie et du monde. Si nous reprenons les variantes naturelles que nous avons dégagées – et en assimilant la variante solaire et l'aérienne –, nous obtenons une sorte de tableau de lecture tout à fait satisfaisant.
Le soleil, le feu et l'air, le droit et la guerre
Étudions d'abord la variante solaire-ignée-aérienne, ou encore celle qui allie la force au droit, voire la force à la guerre, mais sans jamais privilégier cette dernière contrairement à une idée aussi fixe que fausse, que rien ne permet de vérifier.
Tyr, déjà nommé, est l'incarnation de la guerre juste, du droit, de la loi fondant le droit. Il a conclu, selon un très beau mythe, un pacte avec le loup Fenrir, figuration des forces du chaos, afin d'assurer l'équilibre du monde. Il y a perdu la dextre, ce qui fait de lui un dieu manchot. Il se retrouve dans le grand héros solaire Sigur?r – le Siegfried continental – qui n'a rien d'une brute soldatesque, mais incarne à la perfection la valeur fondamentale de cet univers : le respect de la parole donnée, conjugué à la conscience de l'appartenance au clan d'élite. Thorr, à ses côtés, incarne étymologiquement le tonnerre – thundaraz est à rapprocher de thunder ou Donner ; il serait le patron du bondi, ce paysan pêcheur propriétaire libre, cheville ouvrière de la société nordique qu'il défend contre les géants, symbole du « mal », c'est-à-dire du désordre. Thorr n'a rien d'une brute : familier de la magie – il ressuscite ses boucs après en avoir consommé la chair –, il l'est aussi de la poésie comme nous le montrent ses entretiens avec le nain Alviss sur les finesses de la poétique scaldique. Baldr, dont le nom signifie « seigneur », malgré ses allures orientales, assume également l'ordre solaire que disent ses splendides funérailles après une mort sacrificielle et bien rituelle où le soleil joue un rôle considérable. En face, les forces du chaos sont représentées surtout par le géant Surtr dont le nom signifie « noir » ou plus exactement « noirci par le feu » ; il est le grand responsable et acteur des Ragnarök qui sont « la consommation du destin des puissances », plutôt que le « crépuscule des dieux », lecture que nous n'excluons pas mais qui reste réductrice. Loki, l'énigmatique par excellence, assume, en bonne diachronie, à peu près toutes les figures que nous sommes capables de prêter au « Mal », du grand Satan Trismégiste et responsable de la fin du monde au diablotin farceur en passant par le trickster de toutes nos mythologies. Disons que, sans foi ni loi ni droit, il est celui qui empêche le monde de fonctionner correctement. Une sorte d'anti-Tyr. Ou de pendant à O?inn car il est intelligent comme lui.
L'eau, la science, la poésie et la magie
La variante liquide revient à une exaltation de la force en tant que science, poésie et magie, ces trois notions étant plus ou moins synonymes ici. Elle est assumée, bien entendu, par le couple Ægir et Ran, son épouse, qui règnent proprement sur les eaux, mais la place majeure revient, ici, à O?inn dont l'étrange figure ne peut manquer de nous désarçonner.
Son nom signifie furor – le sens latin est préférable à notre « fureur » ; il est cette frénésie qui peut s'emparer d'un homme dans une situation guerrière, sexuelle, magique ou poétique. C'est pourquoi il défie nos catégories : dieu laid, fourbe, cruel, misogyne, sa lance magique ne manque jamais son but tandis que son cheval à huit jambes, Sleipnir, figure la rapidité de son esprit. Il règne sur les morts que sont les einherjar ou guerriers d'élite que choisissent, sur ses ordres, les valkyries afin d'aller peupler sa Valhöll – la Walhalla germanique – où ils s'entraînent en vue des Ragnarök. Il est aussi dieu des scaldes ou de l'inspiration poétique, tout simplement. Il est, à ce titre, vitr, savant, certes, mais surtout fro?r : sa science est en quelque sorte contagieuse, voire pédagogique. Le géant Mimir – la mémoire – le conseille, tout comme les deux corbeaux qui perchent sur ses épaules – Huginn, la pensée et Munninn, la mémoire – le renseignent sans cesse sur les nouvelles du monde. Il est le maître des opérations cultuelles magiques noires comme le sej?r, un sacrifice divinatoire, et le ni?, un rite diffamatoire. Dieu-chamane, sans aucun doute, dieu des pendus, ou hangagu?, qu'il sait faire parler, dieu avant tout de la magie, noire notamment. Ce n'est qu'en dernier ressort qu'il préside à la guerre, ce qui, malgré quelques réserves, le distinguerait de ses équivalents germanique continental dont la figure est Wotan, et anglo-saxon avec Woden. Encore n'est-ce pas sous forme brutale ou réellement martiale : c'est un stratège avant tout, il est Sigtyr, le dieu de la victoire qu'il s'entend à obtenir de toutes les façons, sans aucune délicatesse : le furor qu'il sait communiquer à ses créatures ou berserkir – guerriers-fauves – n'est pas de nature « militaire », mais bien magique. On ne tiendra pas grand compte ici de son dernier avatar qui est de faire de lui l'Alfö?r, le père universel : le calque chrétien est trop clair. En fait, il est la science, l'intelligence ésotérique, le carmen. Nous lui avons fait une place plus élaborée qu'à ses congénères parce qu'il paraît incarner le mieux le dieu des Vikings, comme lui plus intelligents que brutes salaces. Il nous paraît parfaitement représentatif d'une culture ou d'une civilisation qui préféraient l'intelligence à la force et le savoir à la violence – en dépit de toutes les idées reçues.
La terre, fécondité et fertilité
Reste la variante tellurique sous les espèces du couple qui unit la force à la fécondité et à la fertilité. Ici, nous sommes dans la seconde « famille » de dieux. La première était les Ases – æsir, sur un thème *asu- qui revient à « forces de vie » – que nous venons de recenser très rapidement et partiellement, la seconde, donc, est celle des Vanes – du mot vanir, dont l'étymologie n'est pas assurée. Il se peut qu'elle soit la plus ancienne et ait dû laisser l'avant-scène aux Ases. Elle est représentée par le couple Njör?r-Ska?i et par leurs enfants. Très typiquement en cette occurrence, Njör?r nous est aussi donné pour une femme, Nerthus selon Tacite, et Ska?i porte un nom masculin grammaticalement, lui qui est certainement une figure primordiale puisqu'elle a peut-être donné son nom à la Scandinavie : *Ska? in-auja, l'« île » qui aura bénéficié de la protection de Ska?i. Leurs enfants sont les jumeaux Freyr, le garçon, et Freyja, la fille, qui renvoient, sans doute, à un androgyne premier ou à ces dioscures dont la Grande Déesse fondamentale est partout responsable. Les Vanes président donc aux biens matériels ; on leur a certainement voué un culte phallique ou vulvaire bien présent déjà dans les pétroglyphes de l'âge du bronze ; leur popularité fut grande comme en atteste la toponymie et ils ont dicté un culte du cheval – animal indo-européen par excellence – du verrat et du chien bien présents partout.
Bien entendu, cette présentation schématique aura pu souffrir, ici comme ailleurs, de toutes sortes de glissements fonctionnels, mais il semble qu'elle ait une manière de solidité respectable.
Yggdrasill, le grand arbre primordial
Conclure sera aisé. Cela se fera sur la magnifique figure du grand arbre primordial Yggdrasill, axis mundi et universalis columna qui soutient le monde au centre duquel il est érigé. Il est, en effet, source de toute vie comme le montre la faune nombreuse qui prolifère à son ombre ou dans sa ramure : c'est à son pied que seront sauvés Lif, la Vie et Lifthrasir, Ardent-de-vivre, le couple humain qui échappera miraculeusement au cataclysme universel des Ragnarök. Source encore de tout savoir, comme le montre la source, coulant à son pied, sur laquelle règne le géant Mimir, et dans laquelle O?inn a mis en gage un de ses yeux afin d'acquérir la science des choses suprêmes. Et source de toute destinée puisque c'est en bas de son tronc que s'étend une autre source à laquelle président les Nornes ou divinités de tout destin : chaque être humain en possède une. Yggdrasill, dont le nom signifie « cheval d'O?inn », est donc Mjö?vi?r, l'arbre de l'hydromel, symbole de vie, Mimamei?r, la poutre de Mimir, gage de tout savoir, et Mjötvi?r, arbre de toute évaluation fatidique. Il est possible qu'il soit une figuration du géant fondamental Heimdallr, dont le nom signifie « pilier du monde » qui règne sur la temporalité et présidera à la fin des temps, ou encore de Jörmungandr, autre nom du Grand Serpent qui enserre dans la boucle de son corps le monde existant et en assure la cohérence : il en serait en quelque sorte la figure verticale, mais on remarquera que ce Jörmungandr est littéralement un gandr, une baguette magique géante.
Tout cela nous mène à conclure que la vie naturelle, la force de vie sont la coloration majeure, certes de cette religion. Mais pas au sens brut, dans on ne sait quelle exaltation des instincts primitifs ou des débordements animaux : règne en dernière analyse l'esprit, la magie. La Science...
Régis Boyer
Source : Konigsberg
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