« L'expression la plus simple du nationalisme est la défense de la Terre et du Sang.
Quel homme digne de ce nom ne défendrait pas sa famille ni son habitat ?
Alors le nationalisme étend cette vision de la famille à son peuple et celui de son habitat à sa nation ! »
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dimanche 9 novembre 2014

Réflexions sur divers mythes de sacrifice divin


L’une des actions les plus curieuses du dieu nordique Odin est l’épisode d’auto-pendaison décrit dans les strophes 139-142 du Havamal, dans l’Edda poétique. Odin est le « Père de Tout » dans le panthéon des Ases, et certains indicateurs puissants de sa souveraineté (connaissance magique et connaissance des runes) furent gagnés par cet acte d’autosacrifice.

Etant donné la position d’Odin comme dieu majeur et la nature particulièrement spectaculaire de son sacrifice, il n’est pas surprenant que des comparaisons soient souvent faites entre cet épisode mythologique et celui de la crucifixion de Jésus Christ au Golgotha .
Jésus fonctionne essentiellement comme un « dieu suprême » dans l’iconographie chrétienne, car il est le point focal du Nouveau Testament et l’intermédiaire avec le monde des hommes, alors que le « Dieu Père » techniquement plus puissant est devenu une figure plus vague par rapport à son ancienne prédominance dans l’Ancien Testament.

Ainsi, l’une des plus importantes tâches des premiers missionnaires chrétiens dans les territoires germaniques de l’Europe fut de convaincre les peuples païens qu’ils devaient accepter le Christ comme leur Sauveur, le mettre à la place d’Odin, et abandonner ce dernier avec le reste de ses homologues divins. Il est certainement possible que ce processus puisse avoir été quelque peu facilité par les similarités superficielles entre l’acte d’auto-pendaison d’Odin et le motif de la crucifixion du Christ . Comme l’a remarqué Kevin Crossley-Holland :

« Les parallèles entre la mort d’Odin et la crucifixion du Christ sont frappants : tous deux meurent volontairement ; Odin est percé d’une lance et le Christ aussi ; Odin fait allusion à l’absence d’une boisson revivifiante et le Christ se voir offrir du vinaigre ; Odin hurle ou crie avant de mourir, et le Christ crie ‘d’une voix forte’. » 

Etant donné ces similarités, il n’est pas surprenant que pendant des années les spécialistes se soient souvent demandé si cela pouvait indiquer une influence chrétienne – ou même une source chrétienne partielle – pour l’épisode du Havamal, comme cela pourrait aussi être le cas pour certains autres passages de l’Edda poétique. Ce qui est beaucoup moins fréquemment discuté, c’est la nature de ces actes ou rituels ou actions sacrificiels en eux-mêmes, et les implications résultantes pour ceux qui aligneraient leur attitude spirituelle sur l’une ou l’autre de ces déités.

Examinés depuis cette perspective, les détails entourant les « morts » sacrificielles d’Odin et du Christ peuvent être considérés à de nombreux égards comme presque diamétralement opposés. Et si l’on examine attentivement les raisons d’être de ces deux sacrifices religieux, il devient également évident que sur un plan métaphysique ils ont très peu en commun.

Le sacrifice comme rituel

Dans le cas de la pendaison d’Odin sur l’arbre du monde Yggdrasil, le fait que le récit soit fait à la première personne est de première importance. Le récit commence ainsi :

Je sais que je pendis 
A l’arbre battu des vents
Neuf nuits pleines,
Navré d’une lance
Et donné à Odin,
Moi-même à moi-même donné,
A cet arbre
Dont nul ne sait
D’où proviennent les racines.
Point de pain ne me remirent
Ni de corne ;
Je regardai en dessous,
Je ramassai les runes,
Hurlant, je les ramassai,
De là, retombai.

Il est immédiatement évident que la pendaison d’Odin est volontaire, faite « par lui-même, pour lui-même ».

Si cela apparaît incontestablement comme une chose déplaisante pour l’individu moyen, il faut reconnaître que ce n’est pas un simple acte de masochisme. Une telle action a de nombreux précédents dans diverses cultures autour du monde, et peut être vue comme un rite chamanique ou initiatique – mais en tous cas, un rite qui accomplit une fonction importante.
D’autres aspects de la persona d’Odin confirment une telle tendance, comme le note Mircea Eliade dans son Histoire des idées religieuses :

« Nous avons certainement ici un rite initiatique de structure para-chamanique. Odin reste pendu à l’arbre cosmique ; Yggdrasil signifie ‘le cheval (drasil) d’Ygg’, l’un des noms d’Odin. La potence est appelée le ‘cheval’ du pendu, et nous savons que les victimes sacrifiées à Odin étaient pendues à des arbres. En se blessant lui-même avec sa lance, en s’abstenant d’eau et de nourriture, le dieu subit une mort rituelle et acquiert une sagesse secrète de type initiatique. L’aspect chamanique d’Odin est confirmé par son cheval à huit pattes, Sleipnir, et par les deux corbeaux qui lui disent tout ce qui se passe dans le monde. Comme les chamans, Odin peut changer de forme et envoie son esprit au loin sous forme d’un animal ; il cherche la connaissance secrète parmi les morts et l’obtient ; il déclare dans le Havamal (strophe 158) qu’il connaît un charme qui peut faire descendre un pendu de la potence et parler avec lui ; il est instruit dans l’art du seidr, une technique occulte de type chamanique. » 

Un élément clé du chamanisme, qui le différencie d’autres activités occultes comme le « voyage astral » ou le voyage « surnaturel », est que le chaman doit impérativement revenir de ses voyages dans d’autres dimensions de la réalité avec quelque chose de positif – pas seulement pour lui-même, mais aussi pour les membres de sa tribu. Cela prend généralement la forme de pouvoirs de guérison ou de connaissances qui aideront à combattre des démons ou des entités spécifiques qui causent des maladies psychologiques ou physiologiques. Dans le cas d’Odin ce paradigme est évident pour l’acquisition des runes, qui ont de nombreux usages magiques, mais en plus de cela la toute première rune qu’il obtient « est appelée aide, et l’aide elle peut t’apporter / Dans le chagrin et la douleur et la maladie »

La nature de l’auto-pendaison d’Odin peut être vue comme un voyage ou une « descente » dans un autre royaume (puisqu’il dit qu’il regarde « en-dessous », c’est probablement une allusion à Hel, le domaine des morts, où il peut acquérir une connaissance et une sagesse spéciales de la part de ses résidents). Dans un autre sens, pour emprunter un terme de Nietzsche, c’est un exercice de « maîtrise de soi » par lequel Odin se soumet à des extrêmes de tension (attaché ou pendu à un arbre), de souffrance (blessé par une lance), et de famine ou de jeûne (se privant de nourriture et de boisson). Chacun de ces actes à lui seul pourrait conduire à une altération de l’état de conscience, et dans le cas d’Odin ils sont combinés et donc amplifiés dans un effrayant rituel qui le mène au bord de la mort, lui permettant d’avoir un regard pénétrant dans les mystères du royaume où résident les morts. Si le moyen employé est l’abnégation de soi, le but ultime est l’avancement de soi. En subissant cette épreuve et en la surmontant, Odin revient dans les mondes plus familiers des dieux et des hommes comme un être supérieur ayant acquis une illumination et des pouvoirs nouveaux. Son rite est accompli avec succès, et confirme finalement sa position d’entité suprême parmi les dieux des Ases.

L’action d’Odin est généralement considérée comme un exercice chamanique, mais il y a un certain nombre d’autres explications possibles, toutes de nature ritualiste. L’une des plus élaborées fut proposée par Jere Fleck dans son essai de 1971, « Odin’s Self-Sacrifice – A New Interpretation », qui utilise du matériel de mythologie comparée indo-européenne pour arriver à une explication plus détaillée de la nature et de la fonction du sacrifice . L’une des conclusions les plus valables pour lesquelles Fleck fournit des preuves convaincantes est l’idée qu’Odin doit avoir été pendu à l’arbre dans une position inversée. Cette position inversée fournit aussi la seule explication raisonnable au fait qu’Odin a pu se pencher vers le bas et ramasser les runes en-dessous (en présumant que ces dernières étaient des objets tangibles, ce que suggère la description), une action qui serait physiquement impossible s’il était suspendu dans une position normale. Fleck discute aussi du parallèle résultant entre l’Odin suspendu à l’envers et l’image du « pendu » dans le Tarot des Arcanes Majeures, qui ouvre un autre champ de comparaisons symboliques.

Quelle que soit sa forme ou sa motivation exacte, le rituel de l’auto-pendaison a peu de chances d’être une anomalie introduite dans l’histoire d’Odin par un scribe chrétien ultérieur, car la nature sinistre du rite est pleinement en accord avec le caractère du dieu. Les étudiants de la littérature mythologique et historique du Nord préchrétien trouveront des mentions de pratiques cultuelles qui reflètent clairement des aspects clés de l’autosacrifice d’Odin . De plus, je remarquerai simplement qu’une analyse plus allégorique montre que le rituel est un parfait reflet des principales caractéristiques d’Odin. Il est celui qui incite à la bataille et au conflit, dans ce cas à l’intérieur de son propre être ; il est un audacieux promeneur et voyageur, qui voyage dans d’autres royaumes simplement pour se « tester » lui-même ainsi que ses aptitudes ; et surtout il est un collecteur de sagesse, qui dans un autre mythe essentiel sacrifie l’un de ses yeux pour obtenir la connaissance contenue dans le Puits de Mimir. Considérant l’endroit où l’autosacrifice d’Odin a lieu, cela ne semble pas être une allusion à la croix chrétienne. Les peuples germaniques voyaient l’arbre du monde, Yggdrasil, comme une forme d’axe cosmique, un mât vertical et interconnectant au centre des neuf mondes, et il est donc entièrement logique que le dieu suprême choisisse ce même arbre comme le site de son rite le plus personnel. En faisant cela il put obtenir un aperçu dans le fonctionnement mystérieux du plus grand univers lui-même.

La crucifixion de Jésus est un type d’événement entièrement différent ; les circonstances qui l’entourent sont si fortement en opposition avec celles qui viennent d’être discutées que tout lien significatif entre elles est hautement douteux . Vue dans son contexte historique, la crucifixion du Christ est un acte entièrement « mondain ». La crucifixion était simplement une forme extrême d’exécution. Elle était bien sûr délibérément douloureuse et donc réservée à certains types de criminels, mais son but ultime était de tuer. Par conséquent, en laissant de coté toutes les croyances spirituelles concernant le mécanisme de la mort elle-même, il n’y a rien d’intrinsèquement métaphysique dans la crucifixion. Par opposition à Odin, le plus élevé des dieux germaniques, qui se pend à Yggdrasil, le plus important des arbres, Jésus était considéré par la société en général, en Judée, comme une figure humble, un hérétique blasphématoire, et fut cloué à la croix de la manière la plus dégradante. Crossley-Holland affirme que la mort du Christ est « volontaire » comme celle d’Odin, mais ceci est contestable. Il est vrai qu’elle peut être volontaire au sens où Jésus la provoque par ses activités et ses sermons, qui sont perçus comme une menace pour l’establishment religieux juif existant. Il accepte aussi volontairement sa condamnation et ne résiste pas aux soldats romains qui l’emmènent, devenant le premier martyr – et en même temps le martyr absolu – du christianisme. Néanmoins, cette forme de mort « volontaire » est au fond une soumission ; elle n’est pas choisie par le Christ, elle n’est pas non plus le résultat d’une action spécifique et active de sa part, mais plutôt l’œuvre de forces externes. Par contre, le sacrifice d’Odin est à la fois volontaire et choisi ; de plus, il est entrepris et accompli par lui-même.

La condamnation à mort du Christ survient à cause de la trahison de Judas, après quoi il est déclaré coupable de blasphème par le tribunal juif local, le Sanhédrin. Mais pour le crucifier un décret des Romains est nécessaire, car ils sont la puissance régnante habilitée à prononcer la peine capitale. Jésus est amené devant les autorités romaines, et est disculpé deux fois. Alors qu’il croit lui-même être le « fils de Dieu », la réalité de la question est que le gouvernement romain impérial, le plus puissant dans le monde, ne fait aucun cas de lui ou de ses enseignements. Ils ne veulent même pas faire l’effort de le tuer, et c’est seulement sur l’insistance du Sanhédrin et de segments de la population locale qu’ils y consentent finalement. 

Lorsqu’elle est examinée en détail, l’exécution ultérieure a très peu en commun avec le sacrifice d’Odin. Jésus est soumis au fouet avant d’être cloué sur la croix, ce qui était une procédure standard. On ne lui offre jamais de nourriture ou d’eau, mais plutôt une boisson analgésique amère avant le début du clouage, et certains récits disent qu’après avoir été mis en croix on lui présente un linge trempé dans du vinaigre, comme humiliation supplémentaire. Jésus crie un certain nombre de fois, en particulier pour s’écrier : « Père, pourquoi m’as-tu abandonné ? ». Ses cris sont des cris de douleur et de frustration, à la différence du cri (de victoire ?) d’Odin qui est émis juste au moment du « triomphe » quand survient l’acquisition des mystères runiques. La mort de Jésus sur la croix est simplement la route désagréable par laquelle il atteint « l’autre monde » ou « le ciel », où il reste « à la droite du Père » .

La signification du sacrifice

Le mot sacrifice vient du nom latin sacrificium, qui vient de l’adjectif sacer, « sacré, saint, consacré », et le verbe sacrare, « rendre sacré ou saint ». Le sacrifice est un rituel religieux qui a été interprété de diverses manières par les anthropologues, les historiens, les psychologues, et d’autres, et il y a diverses explications concernant sa fonction dans différents systèmes religieux. Le sacrifice peut être vu comme une forme de communication entre les mondes du profane et du sacré. Par conséquent, lorsqu’une chose vivante est offerte en sacrifice elle doit être tuée ; la communication a lieu quand l’objet du sacrifice (le « messager ») voyage vers l’autre monde non-matériel . Le sacrifice sert souvent à initier un échange de cadeaux entre hommes et dieux, par quoi une offrande est faite avec l’espoir qu’elle sera acceptée. En retour, un dieu ou des dieux accompliront une requête ou accorderont une récompense positive à celui qui a accompli le rite ou, par extension, à ses compagnons. Dans un sens cynique, certaines formes de sacrifice peuvent aussi être considérées comme une forme de « pot-de-vin » religieux, par lequel un dieu est apaisé : celui qui sacrifie doit présenter une offrande pour continuer à recevoir la bienveillance de la déité, qui détient le pouvoir de rendre la vie misérable pour l’humain . Une forme apparentée de sacrifice est celle de la purification ou de l’expiation – en d’autres mots, pour l’homme (que ce soit un individu ou un groupe collectif plus grand) qui a précédemment transgressé une ordonnance divine, c’est un moyen de s’amender devant le dieu et de rectifier la situation. Dans ces derniers scénarios la distance naturelle entre dieu et homme est soulignée, et l’homme vit dans la crainte de ce qui pourrait arriver s’il ne sacrifie pas en accord avec la coutume.

La mort du Christ ne peut être comprise comme un sacrifice religieux que si l’on accepte sa signification d’après la doctrine théologique chrétienne. Le Christ est « sacrifié » par d’autres, et cela n’implique jamais qu’il avait besoin que cela se produise pour pouvoir obtenir un gain personnel dans l’autre monde. Si l’acte de le crucifier servait un bénéfice opportun sur le plan matériel, c’était celui de supprimer un élément gênant pour la société. La mort elle-même est assez banale : comparé à la plupart des crucifixions, il mourut assez rapidement et sans beaucoup de façons, avec seulement des phénomènes « surnaturels » mineurs accompagnant l’événement – les récits bibliques font état d’un « obscurcissement du ciel » et ainsi de suite, mais cela ressemble davantage à un embellissement poétique ultérieur. L’importance de la crucifixion ne vient donc pas tant de l’action que de la notion de la personne exacte à qui elle fut faite. Il est le « fils de Dieu », un être « perfectionné », et pourtant ironiquement il subit une mort particulièrement dégradante des mains de ceux qui sont oublieux de sa stature.

Cependant, un échange sacrificiel fondamental se produit ici, d’après la doctrine chrétienne. Jésus ne meurt pas pour ses propres péchés – car, en termes chrétiens, pourrait-on dire qu’il en ait commis ? –, mais pour ceux de l’humanité. C’est un exemple d’un acte expiatoire particulier, comme le dit E.O. James : « Quelle que soit l’interprétation du récit de ce qui a eu lieu, le fait demeure que la Passion et la mort du Christ introduisirent dans la tradition du Messie juif l’ancienne conception du Roi Sauveur divin souffrant et mourant pour le salut de l’humanité » . Il a été sacrifié afin de « prendre sur lui les péchés du monde ». D’après la croyance chrétienne, cet état de péché existe à l’intérieur de tout être humain et est appelé « péché originel », ses racines remontant à la désobéissance d’Adam dans le Jardin d’Eden. Un paradoxe est ainsi créé, car si en subissant sa crucifixion Jésus a vraiment pris sur ses épaules les péchés de l’humanité, on pourrait logiquement supposer qu’à partir de ce moment l’homme n’en a plus eu. L’histoire du monde ultérieure et ses effusions de sang – dont un bon nombre fut accompli au nom du Christ – démontrent amplement la fausseté de toute affirmation disant que l’homme se serait débarrassé de sa tendance aux dénommés péchés, donc cet « enlèvement du péché » fut un acte symbolique plutôt que littéral. En gardant intact le concept du « péché originel » tout en proférant simultanément l’affirmation métaphysique extravagante sur les implications de la crucifixion du Christ, une formule d’extorsion spirituelle fut instaurée par la doctrine chrétienne. Par conséquent, celle-ci demande un autre sacrifice : pour recevoir le « salut », on doit placer sa foi en Jésus et l’accepter comme « Seigneur » – après tout, il subit magnanimement la torture et même la mort en votre nom. Si vous ne lui donnez pas toute votre foi, vous ne recevrez aucune récompense après votre mort. En plus de cela il y a la menace de l’enfer pour ceux qui n’adoptent pas la foi, qui augmente encore le degré de contrainte. La mort de Jésus peut être vue comme intégrale pour tout cela aussi, car il était nécessaire qu’il remonte au ciel pour finalement rendre son Jugement sur chaque homme après l’Apocalypse.

Le sacrifice d’Odin ne se prête à aucun parallèle expiatoire, car son acte est entièrement auto-contenu : il est son récipient. Pour faire entrer le rite d’Odin dans une telle équation, la seule solution métaphysique serait de dire que son « moi inférieur » ou « irrésolu » – c’est-à-dire son état d’être initial – a été sacrifié et immolé afin de se reconfigurer dans un « moi supérieur », ou afin de le « recevoir ». De cette manière le moi inférieur est détruit et laissé en arrière, donc il ne peut pas y avoir de demande de « subornation » de la part du moi supérieur. Le sacrifice atteint son but désiré et est donc complet. Le meilleur paradigme explicatif serait certainement celui d’un échange sacrificiel. Odin fait une offrande (son corps, sa raison, et son âme) afin de recevoir un niveau d’illumination supérieur, ou, pourrait-on dire, plus profond. C’est une formule d’auto-transcendance, et Odin poursuit en expliquant ses conséquences quelques strophes plus loin dans son récit :

Alors je commençai à prospérer,
Et à obtenir la sagesse,
Je grandis et j’étais bien ;
Chaque mot me menait à un autre mot,
Chaque action à une autre action.

Ici Odin, conscient de lui-même, comprend comment il fonctionne dans son état nouvellement atteint, recevant la sagesse et employant des mots (c’est-à-dire l’art de la communication – rien de surprenant, étant donné qu’il a maintenant acquis les runes, symboles écrits des phonèmes germaniques originels). Sa connaissance et ses mots conduisent à des actions, qui à leur tour engendrent d’autres actions, probablement plus grandes. Le philosophe ésotériste Julius Evola explique la dynamique de l’acte dans ces termes :

« La même idée d’une force primordiale qui réagit contre elle-même, qui se libère et accède à un plan supérieur de l’être définissant son aspect divin particulier (la « forme plus haute et plus parfaite de soi-même » des Upanishads) … est exprimée par le sacrifice d’Odin à l’arbre cosmique Yggdrasil, qui permet à Odin de tirer de l’abysse la sagesse transcendante contenue dans les runes et de la mettre en pratique ; en outre, dans une version particulière de ce mythe, Odin, vu comme un roi, est celui qui par son sacrifice montre la voie qui conduit au Walhalla, c’est-à-dire le type d’action qui permet à une personne de participer à l’immortalité héroïque, aristocratique et ouranienne. » 

Un cycle accéléré d’évolution a été initié qui n’est pas seulement terrestre, mais plutôt « magique » dans son essence même. Ce n’est pas seulement un exercice d’esprit nouménal et d’esprit numineux, mais il se manifeste aussi par des actions dans le monde phénoménal. Odin a subi une épreuve et a obtenu en retour la récompense de la vision magique, qu’il met ensuite en pratique tangible sur le plan matériel tout comme sur le plan spirituel.

Les implications d’un dieu sacrifié

Le christianisme requiert une foi absolue, ou il devient insensé. Si la foi en Jésus en tant que messie n’est pas présente, sa vie et sa mort ont peu d’importance. Si l’on veut trouver des pacifistes éloquents dans l’histoire, il y a certainement de meilleurs exemples que Jésus – ses enseignements ne deviennent uniques ou impératifs que si la doctrine chrétienne est réellement vraie. Si d’autre part on tente de voir le Christ comme un simple modèle historique ou mythique, il serait difficile à imiter, et beaucoup de ses actions apparaissent complètement absurdes. Sa « réalité » est bien éloignée de notre réalité européenne indigène, et à de nombreux égards elle est incompréhensible. Une analyse ingénieuse de cette énigme a été faite par Lawrence Brown dans son histoire spenglerienne de l’Europe, The Might of the West, et mérite d’être citée en entier :

« Comment peut-on respecter, et à plus forte raison adorer, un personnage qui est tellement simplet qu’il ne sait pas que les gens ne peuvent pas vivre comme les oiseaux et les plantes, qui ne peut pas se protéger contre un traître stupide qu’il connaît déjà, qui ne peut pas trouver de réponse intelligente à une accusation mortelle mais improuvable, qui ne comprend pas quand toute l’affaire est transmise à une juridiction différente ? … Au lieu de comprendre que sa physique n’était pas notre physique, que la réalité pour lui n’était pas ce que la réalité est pour nous, nous voulons qu’il soit motivé par des calculs et des principes qui nous motiveraient. Et ainsi ses motivations, au lieu d’être différentes, deviennent ineptes, et un puissant conquérant prétendu qui eut le courage de plier le ciel et la terre à sa volonté devient une victime pusillanime de petites erreurs, de petites intrigues, de petits hommes. Peut-être que son sens de la réalité était faux et que le nôtre est juste – ou du moins c’est ce qu’il semble aujourd’hui. Mais dans son propre monde, dans le concept levantin qui ne peut jamais entièrement séparer ce monde de l’autre, il est le héros épique par excellence. Lui seul osa arrêter l’horloge du monde. C’est vrai, elle ne s’arrêta pas, et nous Occidentaux ne croyons pas qu’on puisse arrêter cette horloge. Mais nous ne pouvons pas voir Jésus des deux manières à la fois. Si nous persistons à le juger d’après notre sens du réel, il devient familier mais vide. Si nous le jugeons d’après son propre sens du réel, il devient l’un des hommes les plus puissants de l’histoire et l’un des plus tragiques – mais un étranger complet. » 

Si nous voulons regarder les morts sacrificielles d’Odin et de Jésus comme des épisodes mythiques plutôt que comme des « vérités » théologiques, ce sont encore les différences qui sont plus évidentes que les similarités. Et si nous prenons ces sacrifices comme des instructions allégoriques pour notre propre comportement ? La torture et les tourments de Jésus sont censés être une voie vers le salut, et il s’ensuit en effet que ses enseignements encourageaient ceux désireux d’atteindre le « ciel » à être doux, humbles, pacifistes, à « tendre l’autre joue », etc. Le fait que durant toute l’histoire les chrétiens ont souvent mal interprété ces enseignements, ou commis la violence malgré ceux-ci, est à coté de la question. Dans le cas d’Odin, nous avons un archétype complètement différent. Il est caractérisé par un effort vers l’auto-connaissance ; par un certain type audacieux d’égoïsme ; par un désir d’évolution indépendante ; par la fierté de ses propres accomplissements (incluant sa remarque qu’on ne lui a pas donné de pain ou de boisson pendant sa pendaison, ce qui pourrait être vu comme une manière de vanter son endurance) ; par des voyages intrépides vers des endroits et des états de conscience inconnus ; et par un désir de transformer les idées et les mots en actions. La pendaison d’Odin est un paradigme symbolique d’auto-initiation, de développement personnel, et de devenir soi-même ; c’est à de nombreux égards l’antithèse du symbole du Christ torturé, qui est fréquemment décrit dans l’iconographie chrétienne comme docilement cloué sur la croix. Cela implique une négation complète du domaine physique, c’est-à-dire la terre et le monde des actions. Un sacrifice permanent comme celui du Christ ne peut en fin de compte symboliser qu’une utopie mystique (c’est-à-dire le « salut » et le ciel), en d’autres mots, une utopie complètement séparée de la réalité terrestre.

La compréhension de l’incompatibilité de ces allégories n’est bien sûr pas nouvelle. Le gouffre entre les deux orientations spirituelles, l’attitude ethnique-religieuse d’« acceptation du monde » contre l’attitude universaliste de « rejet du monde », devinrent évidents sur le plan pratique lorsque des efforts furent entrepris pour christianiser les tribus germaniques d’Europe du Nord durant le premier millénaire de l’Ere Commune . Le fait que le Christ avait été sacrifié d’une manière vaguement similaire à celle d’Odin a pu favoriser le processus d’acceptation d’une vision-du-monde étrangère, mais une telle similarité était loin d’être suffisante pour convaincre les païens d’adopter la nouvelle foi. On peut trouver une indication curieuse de cela dans le Heliand, une version précoce des Evangiles chrétiens écrite en vieux-saxon vernaculaire. Conçu par un poète missionnaire anonyme du IXe siècle de l’ère chrétienne, le Heliand replace l’histoire de la vie de Jésus dans un arrangement complètement nouveau. Jésus n’est plus un prophète juif renégat dans le monde poussiéreux de la Judée sous contrôle romain, mais un chef de tribu germanique habitant dans la forêt, avec un groupe de guerriers dévoués l’entourant à la place des apôtres. La nature pacifiste de ses enseignements est adroitement reformulée de manière à apparaître à peu près inoffensive pour une audience païenne germanique, et la scène culminante de la crucifixion est modifiée par rapport à sa forme originale. Ici le poète a décrit les dernières heures terrestres de Jésus comme une noble bataille entre Christ le Drohtin (chef de tribu) et sa bande guerrière contre les soldats romains. Après avoir été tué, le Sauveur monte au ciel où il s’assoira pour l’éternité sur son trône, « et de là il voit toutes choses, le Christ régnant voit tout ce qui se passe dans le monde » . Cette image finale est distinctement odinique, et n’est qu’une parmi beaucoup d’allusions semblables dans le Heliand. Combinées à cet habile « changement d’image » d’une figure du Christ qui serait acceptable pour un païen germanique, il y a d’innombrables exhortations disant que l’on ne doit avoir « aucun doute » après avoir reçu la nouvelle doctrine. Car si quelqu’un conteste ou continue à douter de son article de foi fondamental, le fondement entier de la doctrine chrétienne s’écroule. C’est un contraste radical avec la figure d’Odin, dont la nature inquisitive et questionnante le conduit même à s’« attaquer » lui-même, si cela favorise son propre développement et son propre bénéfice ultimes. Jésus demanderait que vous misiez tout sur une promesse de récompense dans l’autre-monde, jouant ainsi de la peur innée de la mort chez l’homme, alors que l’exemple d’Odin fournit un paradigme de recherche pour le triomphe sur soi-même et l’évolution dans le monde du présent, par lequel on peut accomplir sa propre gloire et, grâce à ses actions, rester dans la mémoire de sa tribu et de sa descendance. En imitant Jésus vous devriez rester fidèle et même souffrir dans l’espoir de recevoir le « salut » divin d’en-haut ; alors qu’en suivant l’exemple donné par Odin – subir ses propres sacrifices et initiations sur les arbres enchantés de la connaissance, de l’intelligence, et du danger –, le demi-dieu inspirant du respect et de la crainte que vous avez des chances de rencontrer se développera puissamment à l’intérieur de vous-même.

Auteur inconnu

mercredi 2 juillet 2014

France profonde - Le pèlerinage des sept collines sacrée de Bretagne

Ce sont sept petites collines qui dominent la terre bretonne d'ouest en est. Sept collines sacrées au sommet desquelles les druides, grands prêtres des tribus celtes, célébraient le Soleil et la Lune, invoquant les dieux et déesses celtes, Lug, Cernunos, Bélisama et Bélénos. On peut imaginer les immenses brasiers allumés au sommet des sept collines bretonnes, les nuits de solstice, comme autant de signes destinés à attirer la faveur des dieux. Aujourd'hui, certains voient une étrange croix bélénique dans l'alignement singulier reliant les sept collines. Hasard de la nature ou réalisation des peuples celtes eux-mêmes ?

Est-ce pour cela que ces collines, symboles du paganisme, furent christianisées ? Toujours est-il que des confréries de druides viennent encore s’y réunir. C'est à un voyage aux sources secrètes de la Bretagne mystique auquel je vous convie.


Notre aventure commence à l'extrême ouest.
Les étoiles rouges sont les collines sacrées.
Les losanges verts sont les points de passage notifiés dans l'article

Du Menez-Hom à Saint-Michel-de-Braspart

Première étape, le Menez-Hom (la colline sacrée, en breton), qui culmine à 330m d'altitude. Surgissant au-dessus de la baie de Douarnenez, le Menez-Hom fut voué à Bélénos, le dieu celtique du Soleil, il y a plus de deux mille ans.


Aujourd'hui, il présente un saisissant paysage lunaire, fait de roches nues jetées sur une lande mauve balayée jour et nuit par les rafales des grands vents d'ouest. La légende habite toujours ce haut lieu inspiré, car on raconte que c'est sur l'un de ses versants que se cacherait sous la bruyère le tombeau du roi Marc'h, roi mythique breton, mari d'Yseult la blonde, la célèbre maîtresse de Tristan. Au pied de la colline, les autorités chrétiennes construisirent au XVIIIe s. la chapelle Sainte-Marie du-Menez-Hom pour couvrir sans doute un site voué à la déesse des sources et lutter ainsi contre les croyances celtiques.


Rejoignez-le mont Saint-Michel-de-Braspart par Pleyben et Braspart. Ici, vous êtes sur l'un des hauts lieux mythiques de Bretagne. Nimbé de longues nappes de brouillard, le Menez-Mikael domine la tourbière du Yeun Ellez. On dit que le vent qui souffle entre les pierres porte les cris de souffrance des damnés.

Continuez en direction de Belle-Isle-en-Terre.

Le Menez-Bré, la montagne du sortilège

Haut lieu tellurique, le Menez-Bré est la petite montagne sacrée du Trégor. Couverte de landes, elle plonge son Histoire dans le mysticisme celte et chrétien. C'est en effet quelque part sous les herbes broussailleuses du Menez-Bré que serait enterré un druide célèbre dans la mémoire collective celtique, le druide Gwenc'hlan. Au milieu du XIXe siècle, l’abbé Guillermic, surnommé Tadig Koz (vieux petit père), y pratiquait des exorcismes hallucinants, grimpant pieds nus à son sommet les nuits de pleine lune, ordonnant aux démons de défiler devant lui pour, d'un simple jet d'eau bénite, les renvoyer en enfer.



Traversez, la Bretagne, du nord au sud, direction de Pontivy.

Le Mané-Guen, la montagne blanche

Dominant la vallée du Blavet de ses mamelons rocheux, le Mané-Guen et depuis les temps néolithiques un haut lieu sacré. C'est une montagne isolée, couverte de lande et d'ajoncs. Un vrai site druidique selon les traditions locales.


Ne manquez pas les pierres sacrificielles dispersées sur le flanc ouest de la colline. Certains érudits locaux, férus de celtisme, ont déclaré que les entailles qui traversent les pierres avaient été creusées pour y placer le corps des hommes destinés à être sacrifiés au dieu Lug. À l'opposé, les archéologues considèrent que ces entailles sont le résultat de la seule érosion. Comme souvent en Bretagne, les autorités catholiques ont édifié une chapelle au sommet de la colline (XVIIIe s.).

Aujourd'hui, le troisième dimanche de juillet, les landes du Mané-Guen résonnent des chants d'un pardon joyeux. Tard dans la nuit, assistez au fest-noz, où vous pourrez déguster du bœuf gros sel arrosé de chouchen.

Prolongez votre voyage en direction de Moncontour vers Bel-Air.

De Bel-Air au Mont-Dol

Point culminant du Méné (349 m), le Menez Bel-Air est peut-être la plus mystérieuse des sept collines sacrées. De son sommet, on découvre par temps clair la baie de Saint-Brieuc. Autour de la chapelle Notre-Dame rayonnent huit allées de hêtres représentant la course du soleil dans le ciel.

Notre-Dame du Mont Carmel nichée sur le Menez Bel-Air

Continuez vers Dol-de-Bretagne. Autrefois île, le Mont-Dol dresse aujourd'hui, au-dessus du marais de Dol, sa masse rocheuse de 65 m couverte de châtaigniers plusieurs fois centenaires. En dix minutes d'escalade, on atteint le sommet du promontoire, d'où l'on découvre l'un des panoramas les plus somptueux de Bretagne. Au nord, le marais de Dol et, plus loin, la mer aux vagues bleues et vertes; au sud, le bocage qui descend vers Combourg. Longtemps siège d'un culte celtique, le site fut le théâtre d'une lutte acharnée entre druides et ermites chrétiens, qui vit le triomphe du christianisme. On y voit encore, gravées dans la roche, les traces du combat légendaire qui opposa saint Michel à Satan.

Vue du versant sud, le Mont-Dol


Le Mont-Saint-Michel

Haut lieu de la spiritualité occidentale, le Mont-Saint-Michel est la dernière étape de votre voyage sacré, aux frontières de la Bretagne et de la Normandie. Ici, vous quittez la terre pour vous aventurer vers les îles bienheureuses. Protégé à la fois par Lug et par l'archange saint Michel, le Mont-Saint-Michel (appelé aussi Mont-Gargan dans les archives du XIIIe S.) est la synthèse des croyances celtes et chrétiennes.

Le Mont-Saint-Michel encerclé par la marée

mercredi 25 juin 2014

France profonde - Sorcellerie et guérison en Auvergne

L’Auvergne, ce sont les volcans, prairies, lacs et rivières, églises et châteaux. Cette alliance du feu, de l'eau et de a pierre a forgé l'âme d'un peuple. Si la recherche de l'équilibre entre l'homme et le cosmos a toujours été une préoccupation constante des sociétés traditionnelles, cela est particulièrement vrai en Auvergne. Le mode de vie qui en découle - l'écoute du plus humble élément naturel et la recherche de sa juste place - ne doit pas être considéré comme relevant de pratiques superstitieuses. Car plantes, animaux et pierres parlent à celui qui a des oreilles pour entendre.


Grandes pierres de saints dans le Velay

Venu de la nuit des temps, l'usage des pierres guérisseuses s'est perpétué jusqu'à nos jours sur les hauts plateaux du Velay et de l'Ardèche, non loin des sources de la Loire, au pied du mont Mézenc. 


En bordure du chemin allant de Velay à Chapey, ancien chemin gallo-romain on peut voir 5 monolithes, redressées en 1951. Ces pierres tumulaires en granit sculptées au nombre de 5 sont des stèles funéraires, vestiges de la civilisation celtique de l’époque. Dressées sur des tombes, ces stèles étaient sculptées et représentaient le défunt dont elles évoquaient la vie ou faisaient référence à une divinité locale. La présence de ces stèles permet d’affirmer l’occupation celtique de ces lieux et de dater cette occupation au Ve siècle avant J.C (En savoir plus).

Buste-reliquaire de Saint Théofrède
Au cœur du Velay, dans le trésor de l'abbatiale du Monastier-sur-Gazeille, est conservé le reliquaire de saint Théofrède, merveilleuse pièce d'orfèvrerie médiévale. À l'instar de saint Martin, cet infatigable évangélisateur arpentait les chemins antiques sans compter sa peine. De nombreuses pierres, dans la commune et dans les environs du Monastier, conservent ainsi une trace de son passage : le saint marqua de-ci de-là un bloc de rochers, y enfonçant son bâton, s'asseyant sur des lieux fort anciens, sanctifiant ainsi ce qui avait été de tout temps vénéré (En savoir plus et encore plus).

La chaire de saint Théofrède, poste d'observation, se tient au lieu dit. Le Mont, à la sortie du Monastier, en direction de Solignac-sur-Loire. Vous rencontrerez sans doute au cours de vos pérégrinations quelques anciens prêts à vous indiquer l'emplacement de ces rochers, qui ne sont mentionnés dans aucun guide. Des grandes pierres guérisseuses, il y en a à foison. Les usages se sont maintenus, quoique discrets, et c'est en vous armant de patience que vous vous ferez conduire à l'emplacement de la pierre de saint Maurice, dans les bois de la Griseyre, à Pigères (Pradelles), où se déroule un culte à peine christianisé pour aider les enfants à marcher.


Légende de la pierre de Saint-Maurice

A la Griseyre, près de Pigeyres, la pierre de Saint-Maurice passait pour guérir les enfants atteints d'affections plus ou moins graves des membres inférieurs. Elle est encore de nos jours l'objet d'une vénération religieuse.

Le lieu, isolé au milieu des bois éveille l'étrangeté de l'affaire, mais ce qui étonne plus encore, ce sont les dizaines de croix gravées sur l'écorce des arbres. Certains de leurs auteurs se sont même appliqués pour sculpter ces marques. Sont-elles, signes de leur passage, faites pour empreindre l'ultime espoir, l'éternelle reconnaissance ? Sont-elles le reflet d'un rituel ? Entre ces pins aux fûts verticaux, la pierre des miracles sommeille, presque entièrement enfoncée sous la mousse.

Mais si l'on en fait le tour, on s'aperçoit qu'à un endroit le sol se dérobe sous elle, faisant place à une cavité grande de toute sa surface. L'enfant malade, dit-on, doit y glisser les jambes afin qu'elles soient délivrées d'un handicap physique jugé parfois incurable. De bouche à oreille, la pierre de Saint-Maurice, surmontée de sa croix, se révèle être le socle du prodige. De l'endroit émane des ondes magiques ; il exerce aussi une attraction puissante puisque la pierre et lui s'attirent. Mais écoutez plutôt la légende.

Il y a fort longtemps, les paysans des villages, enracinés à leurs croyances comme l'arbre à la terre, décidèrent de transporter la pierre à Saint-Arcons, près du cimetière. Ils pensaient qu'elle serait plus accessible à cet emplacement qu'au fond d'un bois. Pour ce faire, on l'attela à deux énormes bœufs, mais arrivés près de la passerelle sous laquelle chantait la Méjanne, les bêtes s'arrêtèrent. On eut beau les pousser, les tirer à hue et à dia, rien à faire, les bœufs têtus comme des mules n'avancèrent pas plus. Que faire ? On décida d'abandonner la pierre et d'essayer de recommencer l'opération le lendemain.

Que se passa-t-il pendant la nuit ? Quelle force extra-naturelle influa ? Elle regagna sa place dans la clairière. Les villageois, songeant que seule une puissance divine avait pû accomplir pareille chose, vouèrent au roc sacré une vénération nouvelle, justifiée par leur grande foi et leur mentalité naïve.

La pierre de Saint-Maurice demeura dans l'antre des bois.
(En savoir plus) 

Petites pierres guérisseuses et protectrices

Des éléments minéraux sont également utilisés pour protéger les habitants des maisons contre toutes sortes de maux, pourvu qu'ils soient correctement disposés. Placés aux extrémités des faîtières de toiture, ils servent à éloigner la foudre et assurer la fécondité des hommes et des animaux. Dissimulées dans des endroits précis, sous le seuil d'entrée, dans la voûte du porche, dans la cheminée, la mangeoire. Les haches néolithiques permettent de rompre les sorts qu'un passant envieux aurait pu jeter sur la maisonnée.

Plus étonnant encore est l'usage dans ces régions de petites pierres guérisseuses, constituées en série, qui rassemblent des matériaux de diverses provenances que l'on peut classer en trois catégories de matériaux préhistoriques
  • Les haches néolithiques
  • Les fragments de bijoux celtiques (anneaux de verre)
  • Les pierres naturelles (variolites, galets de quartz, fossiles) 

Variolite, Quartz et fossile
Connues sous les appellations de pierres de tonnerre, pierres de serpents, pierres à venin ... D'autres pierres sont encore employées en fonction des règles d'analogie: les vertes guérissent les plaies infectées les maladies de la peau, les rouges stoppent les hémorragies, les blanches sont réservées aux nourrices, car elles favorisent les montées de lait.

Conservées dans des sacs, ces séries de pierres mises à tremper dans de l'eau pendant un temps plus ou moins long, variant de quinze minute à vingt-quatre heures, à moins qu'elles ne restent constamment immergées. Une part de l'eau est bue et le restant versé sur la plaie ou la partie malade. Le mal serait ainsi repoussé de l'intérieur du corps vers l'extérieur, puis éliminé par lavage. Ces pierres servent à guérir les morsures de serpent, piqûres d'insectes, affections causées par le venin des crapauds, le souffle des salamandres, ainsi que certaines maladies de la peau, tant chez les hommes que chez les animaux. Leur usage s'est maintenu jusqu'à nos jours dans plusieurs familles.

Vous en verrez à Moudeyres, dans la ferme des frères Perrel (En savoir plus), à Bigorre, à l'intérieur des chaumières du village, et surtout à Freycenet-la-Cuche, à l'exposition qui est consacrée à la médecine traditionnelle et aux croyances en Auvergne. (En savoir plus)
Autres pierres

Les pierres de la pigote sont préservées des regards indiscrets par leurs actuels détenteurs, présentées comme des trésors précieux dont l’origine reste mystérieuse. Avec de la patience, vous aurez peut-être la chance d’en entendre parler ou, mieux encore, de les voir. Pourtant, on considère encore parfois que le seul fait de les montrer à des étrangers pourrait en diminuer le pouvoir. De même faut-il éviter de les poser à même le sol.

Une pierre de la pigote (une variolite dans le cas présent)

Une croyance veut que ces pierres soient les restes fossiles de grands reptiles et autres animaux venimeux mintenant disparus (tête, queue, sections du corps), d'où leur mode de fonctionnement particulier. A moins que ce ne soient les serpents eux-mêmes, se réunissant parfois en des mêlées orgiaques, qui forment ces pierres à partir leur écume solidifiée. C'est du moins ce que vous entendrez au cours de conversations nocturnes, car il n'est pas bon de parler de ces choses en plein jour.

Saints protecteurs dans le Bourbonnais

En Bourbonnais, le dieu Borvo entretient le bouillonnement des sources. À Gannat (Allier) et dans ses environs, les dieux ont cédé la place aux saints intercesseurs, guérisseurs, mais aussi parfois facétieux, voire envoûtants. Eh oui, les saints sont parfois accusés de jeter des maléfices sur ceux qui les ont négligés. Car il existe des maladies causées par les saints que les devinaïres, ces femmes souvent veuves, ont le pouvoir d'identifier en vue de réparer l'outrage volontaire ou involontaire qui leur a été fait et qui a attiré leur courroux. S'ensuivent des pèlerinages propitiatoires. Et les saints protecteurs des vignes, comme saint Verny, font encore parfois les frais d'une trop grande sécheresse et finissent l'été les pieds dans la rivière.

Saint Eutrope. Martyre, apôtre de la Saintonges au IIIème Siècle.

Les saints font également office de guérisseurs. Dans ce cas, il s'agit d'effectuer un transfert de la maladie sur le saint lui-même ou par son intermédiaire. Il est généralement choisi en fonction d'analogies précises, telles que nom, mode de vie, fonction, détails du martyre. Ainsi, la Vierge Marie est invoquée en cas de stérilité féminine et de couches difficiles. Saint Eutrope soulage les enfants estropiés, saint Roch dissout les calculs, saint Foutin redonne la vigueur aux hommes et la fécondité aux femmes. Quant à saint Expedit, il règle tous les Problèmes et permet même... d'expédier ses ennemis ad patres. Pour cela les fidèles se rendent dans les églises, font brûler des cierges, plantent des aiguilles dans la base de la statue, raclent cette dernière, touchent les reliquaires ou déposent des rubans et des fragments de vêtements ayant été en contact avec le malade.

Les panseurs de secrets

Ce pays est aussi celui des panseurs de secrets, guérisseurs ayant reçu des conjurations, prières venues de la nuit des temps, transmises oralement de génération en génération. Œuvrant gratuitement pour le service de la communauté, le guérisseur devra les transmettre à son tour avant de mourir, sous peine d'emporter avec lui tous les péchés de la lignée, et de devoir rendre compte dans l'au-delà du bien comme du mal accompli par les ancêtres qui l'ont précédé (En savoir plus).

lundi 12 mai 2014

Prophétie de saint Nilus sur la venue de l’Antéchrist


"Après l’année 1900, vers le milieu du vingtième siècle, les gens de cet âge-là deviendront méconnaissables.

Lorsque le temps de la venue de l’Antéchrist approchera, l’intelligence des hommes sera obscurcie par les passions charnelles ; l’avilissement et la licence s’accentueront. Le monde deviendra alors méconnaissable.

Les gens changeront d’apparence, il sera impossible de distinguer les hommes des femmes à cause de l’effronterie dans leur manière de s’habiller et dans la mode de leurs cheveux.

Ces gens seront cruels et comme des animaux sauvages à cause des tentations de l’Antéchrist.

On ne respectera pas les parents et les aînés. L’amour disparaîtra. Et les pasteurs chrétiens, évêques et prêtres, deviendront des hommes vains, complètement incapables de distinguer le chemin à droite du chemin à gauche.

En ce temps-là, les lois morales et les traditions des chrétiens et de l’Église changeront. Les gens ne pratiqueront plus la modestie, et la dissipation règnera. Le mensonge et la cupidité atteindront de grandes proportions, et malheur à ceux qui empileront des trésors ! La luxure, l’adultère, l’homosexualité, les actions secrètes et le meurtre seront la règle de la société.

En ce temps futur, à cause du pouvoir de si grands criminels et d’une telle débauche, les gens seront privés de la grâce du Saint-Esprit, reçue à leur Baptême, et de même ils n’auront pas de remords.

Les églises seront privées de pasteurs pieux et craignant Dieu, et malheur aux chrétiens qui resteront sur la terre à ce moment-là ! Ils perdront complètement leur Foi, car il n’y aura personne pour leur montrer la lumière de la vérité. Ils s’éloigneront du monde en allant dans de saints refuges afin d’alléger leurs souffrances spirituelles, mais ils ne rencontreront partout qu’obstacles et contrainte.

Tout cela résultera du fait que l’Antéchrist veut être le Seigneur de toutes choses et devenir le maître de tout l’univers. Il accomplira des miracles et des signes invraisemblables. Il donnera aussi à un pauvre homme une sagesse dépravée pour découvrir une manière par laquelle un homme puisse mener une conversation avec un autre d’un bout de la terre à l’autre.

En ce temps-là aussi, les hommes voleront dans les airs comme des oiseaux, et descendront au sein de l’océan comme des poissons.

Et lorsqu’ils en seront rendus là, ces malheureux passeront leur vie dans le confort sans savoir, pauvres âmes, que c’est une supercherie de Satan. Et lui, l’impie, il remplira à tel point la science de vanité qu’elle s’écartera de la voie droite et conduira les gens jusqu’à la perte de la foi dans l’existence de Dieu, d’un Dieu en trois Personnes.

Mais le Dieu infiniment bon verra la déchéance de la race humaine, et il raccourcira les jours pour l’amour du petit nombre de ceux qui doivent être sauvés, car l’Ennemi voudrait amener même les élus dans la tentation si c’était possible…

Alors, l’épée du châtiment apparaîtra soudain, et elle abattra le corrupteur et ses serviteurs."

Source : Bibliothèque de combat 

Corrélation avec le kali-yuga indien
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Ils tueront les enfants
dans le ventre des femmes,

les hommes épouseront des hommes,
et les femmes, des femmes,

ils nourriront les vaches avec de la viande,

le héros et le guerrier
seront moqués et bannis,

les rois seront des voleurs
et les voleurs deviendront rois.

lundi 21 janvier 2013

Triomphe de la croix du Christ sur le marteau de Thor


Tous les pseudo-historiens obsédés par le problème des fameuses « sources écrites » décrivent une des plus fantastiques aventures de notre monde comme une sorte de chaos où il ne serait rien survenu. Ce sont, pour eux, des années obscures, des siècles «noirs». Ils ne consentiront à faire redémarrer l’Histoire qu’après avoir mis l'essence du christianisme dans son moteur. Une fois convertis à la Foi de l’Orient, les païens deviennent, enfin, des gens bien convenables que l’on peut accueillir dans la fraternité universelle. Mais nos prestidigitateurs ont escamotés près de dix siècles! Les plus significatifs et les plus déterminants. Heureusement, les archéologues et les philologues nous aident à y voir un peu plus clair ; Ce qui s'était passé deux ou trois mille ans avant notre ère va recommencer. Une fois encore, le centre de dispersion, la « matrice des peuples » ce sera la plaine du Nord, et singulièrement la péninsule jutlandaise. C'est du pays de l’ambre que les fils de l'éternelle Hyperborée vont, à nouveau, déferler sur toute l’Europe.


Mais qui se fera le chantre de cette colossale migration ce Völkerswanderung prodigieux, qui constitue, jusqu'à l’époque des vikings, notre nouvelle Longue Marche? Aventure bien plus prodigieuse leurs descendants du XIXè siècle, qui devaient, à leur tour, connaître l’épopée du «western » des plaines de l'Ouest américain et de l'immense steppe sibérienne. Le Danois Johannès V. Jenser a, naguère tenté une telle entreprise romanesque, mais son oeuvre n'a jamais été traduite en français,une fois encore, un tel récit montrerait combien les peuples européens, dans toutes leurs nécessaires diversités, n'en ont pas moins été fécondés par les mêmes vagues de conquérants, surgis des rivages marécageux de la Baltique et des forêts immenses où avait naguère lutté et vaincu Arminius le Chérusque. Une fois encore, l'opposition séculaire entre le Nord et le Sud y perdrait de sa dangereuse acuité. On trouve toujours d'authentiques Hyperboréens des rivages de Galice aux collines de Provence. Une opposition des Gaulois et des Teutons n'a finalement pas plus de sens profond que la lutte des Germains et des Romains. Les Alains de la mer Noire et les Celtes de Bretagne sont du même sang. Ils sont authentiques fils de Thulé.


La Longue Marche des peuples de l'Europe du Nord

À la veille de ces invasions d'où devait sortir notre monde médiéval, Il est intéressant d’égrener les noms de chaque Sippe, ou tribu, et de chercher à les localiser dans l'espace, que les auteurs latins appelaient indifféremment Hyperborée ou Germanie. À l'est, les Goths, venus de la Baltique jusqu'en Ukraine, se divisent en Ostrogoths, les « Brillants », et en Wisigoths, les « Sages ».Les Gépides voisinent avec les Vandales. Les Burgondes, venus de l'île de Bornholm, cette autre Thulé, glissent de l'Oder vers le Rhin. À l'ouest, les Alamans se maintiennent sur ce fleuve, tandis que les Francs se divisent en Ripuaires et Saliens.

Au nord, les Angles et les jutes occupent la presqu'île sacrée des rivages de l'ambre. Entre les bouches de l'Elbe et de la Weser, vivent les Saxons et les Frisons, tandis que les Lombards sont installés entre l'Elbe et l'Oder. Soudain, la carte s'anime. Les tribus se mettent en marche. Le sang du Nord coule comme la lave des volcans de l'Islande, recouvrant peu à peu toutes les provinces du monde romain, agonisant sous le poison d'une foi étrangère. Divisé par Dioclétien en diocèses, l'Empire va mourir. L’unité politique ne recouvre plus qu'un chaos ethnique. Que peuvent, contre les lois de la vie, les phrases du poète chrétien Prudence: « Du mélange des peuples, une race unique est née... La paix romaine a préparé la voie à la venue du Christ... Déjà, ô Christ, tu saisis le monde, que la Paix et Rome tiennent en un noeud serré. »

L’épée des héritiers d'Arminius va trancher ce noeud multicolore. Eux, refusent cette fin des temps,, que prêchent saint Jérôme et les prophètes de l'Apocalypse.Les Barbares croient en leur puissance et en leur force. Ils ne sont pas les prédicateurs d'un autre monde, ils sont l'éternelle jeunesse de cette terre.jeunes. Jeunes, bien sûr, mais avec toutes les imprudences et les naïvetés de la jeunesse.

Devant les évêques, rompus à toutes les acrobaties dialectiques, ils ne vont pas faire le poids. On nous raconte que la conversion au christianisme a été spontanée, puisque la nouvelle religion venue d’Orient aurait été « supérieure » à nos vieux cultes barbares. La bonne blague !

On n’imagine assez mal les chefs barbares discutant théologie avec ces petits clercs au verbe intarissable. Les seuls qui auraient pu, peut-être, discuter au IVè siècle, c’étaient les prêtres païens les godis. Il n’en restaient plus beaucoup. Déjà, les Romains avaient commencé l’anéantissement systématique de la classe sacerdotale hyperboréenne. Sur l’île de Mona, par exemple ils avaient massacré tous les druides. Cette histoire d’une conversion pour des raisons « religieuses » est stupides. Mais tous le monde semble l’admettre, car elle rejoint les idées à la mode. Sans la victoire du monothéisme, on ne pourrait ni parler de l’identité de tous les humains, ni définir l’homme par l’extra-humain. Le mythe égalitaire va naître du christianisme et sera récupéré par le marxisme. Aussi, tous les bouffeurs de curés francs-maçons parlent sans rire de la supériorité du christianisme. La réalité est tellement plus évidente. C’est tout simplement une histoire de politique. Les chefs barbares avaient déjà besoin de songer à leurs électeurs, ce qui mène à toutes les bêtises.


Les raisons véritables de la conversion des « Barbares »

Dans cette décadence de l’Empire romain, il ne reste plus qu’un seul pouvoir, invisible, mais réel, celui de l’appareil ecclésiastique. L’Eglise est devenue organisation, elle contrôle, de plus en plus, de grandes masses de populations, sur l’étendue de l’Empire agonisant. L’Eglise allait devenir la seule interlocutrice possible entre la grande masse conquise et les chefs conquérants. Les Barbares sont des hommes d’actions. Pour contrôler leurs nouveaux sujets, des immenses territoires qu’ils ont conquis, ils vont faire confiance à ceux qui les connaissent bien et qui, depuis des génération et des générations les manipulent. Ce sera l’Eglise.

Car le pouvoir des chefs germains semble moins grands, à long terme, que celui des évêques chrétiens, qui contrôlent les populations. Le système de coercition mentale du christianisme fonctionne souvent depuis plus d’un siècle. Il a fait ses preuves. Les Barbares sont éblouis par l’intelligence, le fanatisme et la culture de ceux qui se présentent comme leurs interlocuteurs privilégiés. Il ne « font pas le poids » devant ce mélange de raisonnement astucieux et de malhonnêteté habile. Ils n’ont pas été comme eux formé a la dialectique révolutionnaire.

Les chefs barbares s’épuisent en querelles personnelles. Pour se maintenir au pouvoir, contre leur concurrents, les candidats ont besoin d’appui. Ce que leur offrent leurs interlocuteurs chrétiens, rompus aux intrigues. Leurs arguments étaient : « Le Dieu unique à crée le monde. L’ordre du monde ne peut être que l’ordre de Dieu. Lui désobéir serait désobéir à Dieu lui même. Si tu te convertis avec tes hommes, ton pouvoir précaire se transformera en pouvoir divinisé. »La confirmation de cette dialectique imparable se retrouvait dans le fait, que ce sont les chefs qui ont ordonné à leurs hommes de se soumettre à la volonté des évangélisateurs chrétiens, car ils en escomptaient un bénéfice immédiat.

Le Christianisme est aussi le triomphe du monde citadin sur le monde rural. Il ne faut pas oublier l’immense poids numérique des populations urbaines et des paysans « soviétisés » des fermes de l’Etat. La masse humaine de la population européenne, à l’époque des Grandes évasions, se trouve dans le sud et non pas le nord. Le rapport de forces est écrasant.

Mais le plus grave est que les chefs barbares n’avaient aucune conscience historique. Depuis bien longtemps, la classe des Godis avait disparu. Elle seule aurait pu être consciente de l’enjeu du combat qui se livrait entre Rome et Thulé.


Les Invasions Barbares

Les Barbares qui ont pris Rome, en ce beau jour de 410, ne sont plus des païens mais des chrétiens, de la variété schismatique arienne. Leur premier soin sera de massacrer les Romains resté païens, que leur désignent leur coreligionnaires. Ainsi périront les dernières familles patriciennes, fidèles aux dieux du sang et du sol italiotes.

Les Grandes invasions barbares continuent. Après l’Italie, la Gaule tout entière brûle comme une torche. Le Rhin est franchi. Et le Danube. Voici que déferlent les Vandales, les Suèves, les Alains, les Burgondes, les Alamans. L’Espagne est atteinte. Athaulf le Wisigoth rêve d’unir le nom romain et la force gothique.

Mais trop de guerres civiles opposent entre eux ces pures fils d’Hyperborée. Vieille maladie qui consacre l’absolue primauté de l’individu chez les Germains, mais les rend incapables de se soumettre à la loi d’un seul. Ils n’ont jamais voulu d’autre maître qu’eux-mêmes.


Dans la lointaine île de Bretagne, les Pictes d’écosse franchissent le mur d’Hadrien et les Scots d’Irlande s’installent au pays de Galles, des bretons passent la Manche et s’installent en Armorique. Du Boulonnais au Bessin, les côtes de Gaule sont franques et saxonnes. En Méditerranée, Genséric le Vandale occupe les Baléares, franchit le détroit de Gibraltar et s’empare de Carthage. La vieille rivale de Massalia et de Rome tombe au mains d’un fils de Thulé.

Théodoric le Wisigoth a stoppé Attila aux Champs catalauniques et sauvé l’Europe des Huns, en 451. Le royaume wisighotique ira de la boucle de la Loire au détroit de Gibraltar et de l’océan Atlantique aux Alpes maritimes. En septembre 476, Romulus, le dernier empereur romain d’Occident, surnommé « Augustule » n’est plus qu’un enfant prisonnier aux mains de l’Hyperboréen Odoacre.

Les fils de Thulé pouvaient tenir le monde, mais ils se sont déchirés comme des colporteurs sur un marché. Théodoric l’Ostrogoth envahit l’Italie et assassine Odoacre. Clovis le Franc s’empare de Soissons et se bat contre les Alamans. A la fin du Vè siècle ou au début du Vè, on hésite encore entre les dates de 498 ou de 506, il se convertit au catholicisme, pour devenir « roi de droit divin » et affermit ainsi son pouvoir. Il reçoit le baptême un jour du solstice d’hiver ! Ce reniement de la foi de Thulé lui assure le soutient de l’Eglise et lui permet de vaincre les Wisigoths. La « force historique » de Clovis et de son vieux complice l’évêque Rémi, c’est le germe de mort au sein du monde germanique.


Le massacre, ultime ressource des évangélisateurs à Verden

Désormais, les pires ennemis de Thulé, ce seront des Hyperboréens convertis. Dès le VIIè siècle le triomphe du christianisme apparaît total en Occident. La victoire absolue a été obtenue en Irlande, où les populations gaéliques, sensibles au merveilleux, se sont montré vite éblouies par les récits fantastiques des missionnaires. Une des Terre sacrées de l’Hyperborée basculait ainsi dans un gigantesque éblouissement, et rejoignait le camp de Rome.

Mais commence aussi pour le christianisme la lutte la plus dure. Les ressources de la dialectique s’épuisent en avançant vers l’Est et le Nord. La nouvelle méthode, maintenant que les chefs barbares de l’Occident ont mis par calcul politique, leur épée au service de la croix, ce ne sera plus le verbiage mais le massacre. Les païens sont mal armés pour se défendre. Ils n’ont jamais possédé d’organisation religieuse centralisée et l’île sainte de Thulé reste davantage un symbole qu’une réalité. Les croyances païennes sont nombreuses et diffuses. Elles varient selon les peuples et même selon les individus. Chaque homme « en prend et en laisse » avec les dieux comme chefs. La foi reste affaire individuelle et intérieure.

En face, l’Eglise apparaît comme un bloc sans faille. Elle a prit la succession de la Rome antique et elle va entièrement contrôler le pouvoir qui a succédé a celui des empereurs. Le Clergé va réaliser avec Charlemagne la totale alliance du trône et de l’autel. Thulé ne pourra rien contre le globe et la croix.

Charlemagne est, certes, un beau symbole pour enterrer la petite querelle entre les Gaulois et les Teutons. Est-il allemand ou est-il français cet empereur qui va régner à Aix-la Chapelle ? Mais le couronnement de l’an 800 est une catastrophe. Karl der Gross n’est pas l’unificateur de notre continent. C’est le fossoyeur de notre liberté. Charlemagne n’a pas relié les lambeaux de l’ancien Empire romain. Il a fait couler un fleuve de sang entre les fils fidèles de Thulé et les rénégats qu’il menait à l’assaut des libres peuples du Nord. Sa guerre contre les Frisons et les Saxons reste un crime imprescriptible. Lui aussi, il préférait « la politique ».

Le véritable héros de Thulé dans cette aventure, c’est Witukind le Païen. L’Eglise parle pudiquement de la conversion des Saxons. Un baptême dans le sang ! Il ne faudra jamais oublié ce qui s’est passé à Verden en 782.

Verden, est une petite ville de Basse-Saxe. L’endroit maudit, Sachsenheim, se situe au nord de la ville. Cette allée circulaire de plusieurs kilomètres borde une prairie gorgées d’eau. Là, s’est déroulée le massacre. Quatre mille cinq cents Saxons ont été passés au fil de l’épée par les soudards chrétiens de Charlemagne. Le chemin est bordé de grosse pierres qui atteignent parfois la taille d’un homme. On en compte autant que de païens massacrés pour leur foi. Immense temple naturel qui perpétue le souvenir de cette effroyable exécution des captifs. Mais ce qui est plus odieux . C’est que, après la dernière guerre, le clergé allemand a réussi à récupérer ce lieu, où désormais s’élèvent les bâtiments d’une école évangélique. Des versets de la Bible sont gravé sur certaines pierres et, au milieu du champ des martyrs se dresse une immense croix : Le mensonge s’ajoutait à l’horreur. On avait osé changé le camp des victimes.

Après l’installation des Lombards en Italie du Nord, la venue des Danois et des Norvégiens, en Angleterre et en France, constituait le dernier acte de l’immense Völkerwanderung nordique.

Les Scandinaves étaient resté païens et Odin, le dieu borgne, envoyait ses corbeaux pour les guider sur la route des vagues. Les vikings n’ont pas réussit pourtant, à créer un empire du Nord Hyperboréen et païen, alors qu’ils occupaient un prodigieux espace géographique, de Terre-Neuve à la Volga et de l’Islande à Byzance. Il leur manquait une volonté politique d’unité. Mais ils étaient trop épris de liberté pour se soumettre au moindre pouvoir. Le « centre » de leur monde oscillait sans cesse de la Norvège à l’Angleterre et du Danemark à la Normandie, au hasard des équipées royales. Après la décision prise, à l’Althing islandais de l’an Mil, de se convertir au christianisme, toute cette tempête se calme.

Pourtant il reste quelques païens irréductible.Ces derniers fidèles a la foi du Nord, on les retrouve en 1047, à la bataille du Val-ès-Dunes. Au cours de laquelle les barons nordiques du cotentin se sont révoltés contre Guillaume le Bâtard et ses troupes chrétiennes alliées au Français. On entendit une dernière foi la vieille clameur païenne de « Thor aïe » retentir sur une terre d’Occident. Le dieu au marteau devait s’incliner devant le duc à la Croix.


Source : Konigsberg

vendredi 14 septembre 2012

Mariage homosexuel - Les bobos disent : "Le fait qu'il y est un débat sur cette question est proprement ahurissant"



Je ne suis pas un pro catho, mais au bout d'un moment les voir se faire taper dessus à longueur de journée dans les médias me fou la gerbe. Critiquer les cathos aujourd'hui relève de la même lâcheté que de frapper un homme à terre. Vatican II a trahit l'Europe, et les cathos n'ont plus aucune munition pour pouvoir se défendre. mais cela n’empêche pas ces donneurs de leçons bienpensantes d’œuvrer à la destruction finale de la nation.

Quand la nation et le continent finiront noyés dans un bain de sang, n'oubliez jamais qu'ils ont été les principaux promoteurs de l'Europe en ruine. En avant toute les décadences morales qui font courir à l’extinction notre sang et notre héritage : Avortement, métissage, homosexualité. Sans oublier le droit de vote aux étrangers qui finira de retirer tout pouvoir au peuple natif.

A situation extrême, solution extrême!