Le Ministère public bâlois a ouvert une enquête contre un groupe de nationalistes suisses. Sur Facebook, ils appellent les gens à tuer pédophiles et violeurs.
Un acte de vengeance particulièrement violent a suscité de vives réactions sur le plan international. Mercredi dernier, un homme de 23 ans a été tué de 23 coups de couteau par un jeune de 17 ans à Neuenburg am Rhein (All), à 32 km de Bâle. La victime avait auparavant violé la sœur de son agresseur.
Ce bain de sang a été commenté quelques jours plus tard sur la page Facebook du groupe suisses Heimattreu. Les extrémistes de droite y écrivent notamment: «Tant que la peine de mort n'a pas été instaurée pour ces gens, il faut s'en occuper soi-même. Les personnes ayant des pulsions aussi maladives doivent mourir. Faites preuve de courage civil - tuez tous les pédophiles et violeurs.»
Le Ministère public de Bâle-Ville dénonce une «incitation publique au crime ou à la violence», infraction poursuivie d'office pour laquelle les auteurs risquent jusqu'à trois ans de prison. Contacté, le porte-parole, Peter Gill, confirme qu'une enquête a été ouverte.
Samuel Althof, expert bâlois qui étudie les groupes extrémistes, se réjouit de l'action de la justice dans ce cas précis. «Ce genre d'incitations à la mort est très dangereux.» Selon lui, ces messages haineux pourraient mener à d'autres cas similaires où les gens se font justice eux-mêmes en Suisse. L'expert rappelle que certains membres du groupe Heimattreu ont déjà été condamnés pour des actes de violence.